Ce samedi après-midi, Valérie Pécresse est officiellement devenue la candidate des Républicains pour la présidentielle 2022. En lice face à quatre hommes, la présidente de la Région Île-de-France a réussi à tirer son épingle du jeu en s'imposant avec 60,95% des voies.

Après sa victoire, les candidats déchus et d'autres cadors du parti républicain, tous des hommes, se sont unis derrière elle pour lui apporter leur soutien. L'image de Valérie Pécresse en tailleur rouge, unanimement applaudie par ces hommes en costume noir, a "ému" Ségolène Royal.

"On était avant #MeToo"   

"Force est de constater que les hommes politiques autour de Valérie Pécresse ont été très corrects, présents. Ce que je n'ai jamais eu : les ténors socialistes à l'époque ont tous boudé, sauf quelques-uns. On était avant #MeToo et un ancien premier ministre pouvait me traiter d'impasse", a confié dans les colonnes du Parisien l'ancienne candidate du PS, détrônée par Nicolas Sarkozy en 2007.

En novembre 2006, Ségolène Royal remportait la primaire socialiste avec plus de 60% des voix dès le premier tour, bien loin devant ses concurrents Laurent Fabius (18%) et Dominique Strauss-Kahn (20%). Sa victoire à l'époque n'avait pas été accueillie si chaleureusement: "Les hommes de mon parti n'étaient pas prêts. Ils ont été beaucoup plus secoués que ceux de LR aujourd'hui de voir une femme leur passer devant".

Ségolène Royal se remémore douloureusement les multiples attaques sexistes subies à l'époque. Taxée de "Bécassine" ou de "meneuse de revue", la femme de droite avait également été interrogée sur son rôle de mère: "Qui va garder les enfants?", lui avait impertinemment demandé Laurent Fabius en 2006.

La socialiste estime qu'en quinze ans, les choses ont évolué favorablement: "Si un homme de droite tenait un propos aussi sexiste au sujet de Pécresse, il serait sanctionné, dégagé de la campagne", indique-t-elle.