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Des familles de membres du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ont fui un camp de déplacés dans le nord de la Syrie, situé à proximité des combats entre forces kurdes et turques, ont annoncé dimanche les autorités kurdes.

"Plus d'une centaine de personnes, des femmes et des enfants", ont pris la fuite du camp de Aïn Issa, a indiqué à l'AFP un responsable de ce camp de déplacés sous le couvert de l'anonymat.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé qu'"environ une centaine" de femmes et d'enfants des familles de l'EI ont pris la fuite, précisant qu'il s'agissait d'étrangères mais sans être en mesure de donner leurs nationalités.

"L'assaut militaire brutal mené par la Turquie et ses mercenaires se déroule désormais à proximité du camp de Aïn Issa, où se trouvent des milliers (de membres) des familles de l'EI", a annoncé dans un communiqué l'administration autonome kurde. "Certaines ont pu prendre la fuite après les bombardements qui ont visé" le camp.

S'adressant à l'ONU mais aussi à la coalition internationale emmenée par Washington mise en place pour lutter contre les jihadistes, les autorités kurdes ont réclamé "une intervention rapide pour empêcher une catastrophe dont les conséquences ne se limiteront pas à la Syrie".

Confrontées depuis mercredi à une offensive lancée par Ankara et ses supplétifs syriens contre leurs régions dans le nord de la Syrie en guerre, les autorités kurdes ont maintes fois mis en garde contre une résurgence de l'EI.

Elles ont assuré que le chaos sécuritaire pourrait permettre à l'EI de libérer les milliers de jihadistes et leurs familles qui sont retenus dans des prisons ou des camps de déplacés.

Quelque 12.000 combattants de l'EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons des Kurdes, selon leurs statistiques officielles. Les camps de déplacés accueillent quelque 12.000 étrangers, 8.000 enfants et 4.000 femmes.