La vingtaine d'inspecteurs internationaux chargés de lancer l'opération de démantèlement des armes chimiques syriennes sont entrés mardi en Syrie par le poste-frontière de Masnaa en venant du Liban, a constaté un photographe de l'AFP. Ces inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), chargés de faire appliquer une résolution de l'ONU encadrant la destruction de l'arsenal chimique syrien, sont passés à la frontière en milieu d'après-midi à bord d'une vingtaine de véhicules tout-terrain blancs.

Les autorités syriennes ont fourni le 19 septembre une liste des sites de production et de stockage des armes chimiques devant être inspectés dans les 30 jours, dans le cadre d'un accord russo-américain prévoyant le désarmement chimique du pays d'ici mi-2014.

Il s'agit de l'une des opérations de désarmement les plus ambitieuses et les plus dangereuses jamais tentées. De telles opérations ont déjà été entreprises en Irak et en Libye mais jamais en pleine guerre -- or la Syrie s'enfonce chaque jour dans un conflit qui a fait plus de 110.000 morts en trente mois.


Plus de 115.000 morts depuis le début du conflit en Syrie 

Au moins 115.206 personnes sont mortes dans le conflit en Syrie, en majorité des combattants, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) mardi. L'OSDH "a établi que 115.206 personnes étaient mortes entre le début de la révolution syrienne le 18 mars 2011 et le 30 septembre 2013", a annoncé l'organisation basée au Royaume-Uni, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers la Syrie.

Selon l'organisation, les violences ont fait 47.206 morts parmi les combattants loyaux au régime du président Bachar al-Assad et 23.707 du côté des rebelles.

Parmi les fidèles du président Assad, 28.804 étaient enrôlés dans l'armée, 18.228 étaient des miliciens pro-régime ou des indicateurs, et 174 étaient membres du Hezbollah chiite libanais, qui combat au côté du régime de Damas.

Du côté des rebelles, 17.071 étaient des civils ayant pris les armes pour rejoindre la rébellion, 2.176 des militaires ayant fait défection et 4.460 étaient des étrangers ou des combattants non-identifiés.

En outre, au moins 41.533 civils sont morts, dont 6.087 enfants et 4.079 femmes, selon l'OSDH.

L'organisation a également établi la mort de 2.760 personnes qu'elle n'a pu identifier.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes détenues par le régime, qui seraient selon des militants des dizaines de milliers, ni les quelque 3.000 soldats de l'armée de Bachar al-Assad retenus prisonniers par l'opposition, a ajouté l'OSDH.


17 pays ouvrent leurs frontières 

Dix-sept pays ont accepté d'ouvrir leurs frontières à des réfugiés syriens désireux de s'y installer, a annoncé mardi à Genève M. Antonio Guterres, Haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies. S'exprimant à l'issue d'une réunion du comité exécutif du HCR, M. Guterres a ajouté que ces pays pourraient accueillir plus de 10.000 réfugiés en quête d'un nouvel avenir.

Parmi ces pays, figure pour la première fois le Mexique, a-t-il indiqué, en précisant que les autres pays étaient ceux qui traditionnellement accueillaient les réfugiés en quête de réinstallation.

Une réunion à haut niveau s'est tenue à Genève sur la situation humanitaire en Syrie et ses conséquences, et s'est soldée avec un appel pour une "action internationale urgente, afin d'alléger" le fardeau économique et social des pays voisins de la Syrie, qui plient sous le poids de plus de 2 millions de réfugiés syriens.

Il s'agit notamment de l'Irak, de la Jordanie, du Liban, de la Turquie et de l'Egypte.

Pour le comité exécutif du HCR, il faut davantage soutenir financièrement ces pays, et encourager la réinstallation des réfugiés et le regroupement familial dans des pays tiers.

Le conflit syrien, qui a éclaté en mars 2011, a poussé à l'exil des millions de personnes. Actuellement, environ 4,25 millions de Syriens ont quitté leurs foyers, mais sont restés dans le pays, alors que 2,12 millions ont traversé les frontières.

Des représentants de 135 pays, de 7 organisations intergouvernementales, de la Banque Mondiale, de 9 agences de l'ONU et de 29 ONG ont notamment pris part à la réunion de Genève.