Des élections anticipées probablement organisées début mai

LONDRES Les grandes manoeuvres ont d'ores et déjà commencé en Grande-Bretagne, où le Premier ministre Tony Blair s'est mis ce week-end en ordre de bataille électoral pour un scrutin anticipé qui devrait avoir lieu le 3 mai prochain.

Il est vrai que l'étoile de l'hôte du 10 Downing Street a sérieusement pâli depuis l'écrasante victoire du New Labour face aux conservateurs de John Major en mai 1997. Totalement sonnés au lendemain de cette défaite, les Tories ont repris depuis lors du poil de la bête. Un succès de William Hague est-il pour autant possible?

Les sondages restent pour l'instant largement favorables au Premier ministre, qui possède une confortable avance de 15% sur le parti conservateur. Mais les indécis demeurent très nombreux. La tendance pourrait éventuellement se retourner si Tony Blair ne réussissait pas à remobiliser une base travailliste pour le moins décontenancée par la politique trop centriste du gouvernement de gauche.

`Nous sommes en mesure d'aller aux élections non seulement en tant que meilleurs gestionnaires, mais également en tant que seul parti ayant compris que si nous voulons la prospérité pour tous, nous devons faire des investissements vitaux dans nos services publics´, a ainsi déclaré Tony Blair lors d'une interview accordée à la BBC-télévision. `L'économie sera le champ de bataille décisif´ a encore estimé Tony Blair, tout en accusant ses adversaires conservateurs de vouloir procéder à des `coupes budgétaires dans les services publics´, ce que réfutent ces derniers.

La stratégie électorale de Tony Blair est donc très simple: développer des thèmes de campagne susceptibles de remotiver le gros des troupes travaillistes, qui ont parfois montré des signes d'impatience et de désarroi face à une politique gouvernementale trop éloignée des thèses défendues par le New Labour lorsqu'il était dans l'opposition.

Le Premier ministre compte donc marteler tous les acquis de quatre années de présence travailliste à la tête du gouvernement, que ce soit de `réelles améliorations dans l'enseignement´, l'engagement de 16.000 infirmières pour soutenir une politique de santé notoirement déficiente ou de policiers. `Au cours des quatre prochaines années, je désire que le nombre de policiers soit le plus élevé jamais atteint, et nous avons l'argent pour le faire.´

Et, bien entendu, il n'a pas manqué de vilipender la politique de privatisation des chemins de fer mise en place par les conservateurs, une privatisation qui a été `un désastre´.