A la lecture du rapport, son avocat s'est dit "absolument choqué par les détails de la torture", car ces séances n'ont pas produit la moindre "information utile".

Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau du 11-Septembre torturé dans les prisons secrètes de la CIA, ne doit pas être condamné à mort lors de son procès à venir, a plaidé mardi son avocat, réagissant à la publication du rapport du Sénat.

"Exécuter une personne après l'avoir torturée est illégal, inhumain et injuste", a affirmé à l'AFP David Nevin, l'avocat de Khaled Cheikh Mohammed (KSM, selon ses initiales en anglais), réclamant que la peine capitale soit écartée au procès devant un tribunal militaire de Guantanamo, dont la date n'a pas encore été fixée.

"Procéder à l'exécution de M. Mohammed, après avoir simulé une exécution 183 fois, est un châtiment cruel et inhabituel" interdit par le 8e Amendement de la Constitution américaine, a-t-il ajouté, faisant allusion aux 183 simulations de noyade subies par son client dans des prisons secrètes de la CIA.

A la lecture du rapport, M. Nevin s'est dit "absolument choqué par les détails de la torture", car ces séances n'ont pas produit la moindre "information utile".

Il a fustigé le fait que "personne au gouvernement ne soit tenu responsable de ces violations claires du droit américain et international" et de la Convention de l'ONU contre la torture.

L'avocat du Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, également torturé dans les prisons de la CIA, a jugé "frappant que les procureurs l'aient su depuis des années et l'aient caché au tribunal" de Guantanamo devant lequel il comparaît depuis 2011 pour l'attentat contre le navire USS Cole qui avait tué 17 Américains en 2000.

Il a estimé que son client souffre depuis de "troubles psychologiques permanents".

"Le fait que les procureurs militaires et civils protègent les bourreaux, qui agissaient en violation du droit américain et international est décevant, mais malheureusement pas inattendu", a déclaré à l'AFP Richard Kammen.

Toute poursuite judiciaire semble exclue. Un responsable du ministère de la Justice a indiqué qu'"aucune information nouvelle" n'avait été trouvée dans le rapport, depuis que deux enquêtes, ouvertes en 2009 pour mauvais traitements de prisonniers, ont été abandonnées faute de preuves.

De son côté, James Connell, qui défend à Guantanamo le neveu de KSM, Ammar al-Baluchi, l'un des accusés des attentats du 11-Septembre, a notamment déploré l'absence du rapport du Sénat "de l'identité des bourreaux, des lieux des tortures".

"La torture viole les valeurs militaires. Le tribunal militaire doit ordonner l'accès au rapport complet sur la torture", a ajouté le lieutenant-colonel Sterling Thomas, l'avocat militaire de M. al-Baluchi.