Monde L'immeuble "Monaco" situé dans la ville de Medellin en Colombie, ancienne propriété du narcotrafiquant le plus célèbre au monde, est redevenue poussière.

Une détonation fracassante et puis plus rien. Un peu plus de vingt-cinq ans après la mort de Pablo Escobar, la ville de Medellin a décidé de mettre de détruire l'ancienne propriété du roi des narcotrafiquants d'origine colombienne. Sur la place publique comme dans l'imaginaire collectif, le QG symbolique du baron de la drogue a été réduite à l'état de ruine vers 11h53 (heure locale) vendredi.

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Sous les yeux de 1.600 personnes, dont des victimes de celui qui a causé la mort de 46.612 autres, les huit étages du bunker "capo" ont sauté. Pourquoi? Car Medellin voulait montrer que la réalité était autre qu'une version romancée du crime. Les autorités ont donc décidé de mettre fin à ce tourisme peu éthique, en dynamitant l'ancienne propriété d'Escobar. Le maire de Medellin, Federico Gutierrez, estime aujourd'hui que le récit de ce passé doit se faire en faveur des victimes.

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"Une sorte de Robin des bois"

D'abord parce El Patrón suscite toujours autant de fascination de la part des touristes du monde entier. Le magnétisme de l'ancien chef du cartel de Medellin est d'autant plus fort que le personnage a inspiré de nombreuses oeuvres télévisuelles et cinématographiques, telles que Narcos et El Patron del mal sur Netflix, ou encore Escobar, dans lequel Javier Bardem donne la réplique à sa femme, Pénelope Cruz.

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Egalement dans le cadre de cette campagne pour effacer les traces du "capo", la réplique de l'avion, à bord duquel il avait transporté sa première cargaison de cocaïne jusqu'aux Etats-Unis, a été retirée en janvier du portail de l'Hacienda Napoles. Cette immense propriété du nord-ouest de la Colombie, où Escobar a habité et où il avait même installé un zoo, est aujourd'hui transformée en parc récréatif.

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Les 443 maisonnettes qu'il avait fait construire pour des familles qui vivaient dans une décharge de Medellin sont en revanche toujours debout. De telles générosités lui ont valu le surnom de "Robin des bois colombien". En dépit de la chute d'Escobar et d'autres grands "narcos", la Colombie reste le principal producteur de cocaïne de la planète et les Etats-Unis le premier consommateur.

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