André Basset, 69 ans, avait reconnu le viol le 5 octobre 1998 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers (Vienne) d'une jeune femme alors âgée de 21 ans.

Sa peine est assortie d'un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec plusieurs obligations : l'injonction de soins, la réparation des dommages, l'interdiction de contact avec la victime et sa famille. Il risque quatre ans de prison s'il n'observe pas ces mesures.

L'avocate de l'accusé, Me Mégane Mironneau, s'est dite "satisfaite" d'obtenir une condamnation moins sévère que les réquisitions. L'avocate générale avait réclamé la peine maximale de 15 ans.

"C'est une décision qui prend en considération à la fois l'âge de l'accusé et le fait qu'il a été en mesure, au dernier moment, de présenter des regrets qui semblaient sincères", a estimé de son côté l'avocate de la victime, Me Patricia Coutand.

Lors de l'audience, des experts avaient expliqué que l'accusé, un père de famille sans histoire, souffrait alors d'une sorte de trouble obsessif envers un ancien associé qu'il rendait responsable de la faillite de son entreprise. Cet ex-associé vivant le plus souvent en Roumanie, il avait transféré cette frustration vengeresse en viol, avait affirmé l'expert psychiatre Jean-Louis Senon.

Mais l'avocate générale, Carole Wojtas, a dit ne pas croire en "cette transformation de pulsion de meurtre en pulsion de viol".

En 2019, en exploitant les traces ADN prélevées sur les lieux d'un cambriolage, les gendarmes s'étaient aperçus que l'une d'elles, découverte sur un emballage de bonbon, coïncidait avec l'ADN d'un violeur inconnu figurant depuis plus de vingt ans dans la base de données du Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG).

Les soupçons des enquêteurs s'étaient alors portés sur le sexagénaire, père de l'exploitant de la menuiserie cambriolée.

L'analyse de son ADN l'avait vite confondu et l'homme avait reconnu le viol, commis en pleine nuit, après avoir placé des rondins de bois sur une route pour forcer la jeune conductrice à s'arrêter.