"François, on ne l’aime pas. Les Français ne l’aiment pas. Méfie-toi d’elle !" Dès son entrée à l’Elysée les très proches amis de François Hollande ne se sont pas privés de lancer ce message à leur président. Ils ne se sont pas privés non plus pour le faire savoir aux médias, sous le sceau du secret, en off.

Tout en sachant, évidemment que cela sortirait d’une façon ou une autre.

Valérie Trierweiler n’est jamais parvenue à s’imposer dans le premier cercle des amis de François Hollande.

Evidemment, ces amis, dont certains le fréquentent depuis la fameuse promotion Voltaire à l’ENA, comme Michel Sapin ou Jean-Pierre Jouyet, ont toujours - ou presque - connu François Hollande en compagnie de Ségolène Royal. Ils ont suivi leurs carrières. Ségolène fut quand même la candidate socialiste au second tour de la présidentielle de 2007, face à Nicolas Sarkozy.

Alors, ce premier cercle a toujours vu d’un mauvais œil l’arrivée de la journaliste.

Certains avaient même critiqué le choix de François Hollande et son manque de soutien à Ségolène lors de cette campagne de 2007. Il était non seulement le compagnon de la candidate, mais aussi le secrétaire général du PS, deux raisons pour être à 100 % derrière Ségolène.

Au lieu de ça, les dimanches du printemps 2007, quand les cadres de la campagne de Ségolène se retrouvaient au domicile du couple, François - qui avait déjà débuté son idylle avec Valérie Trierweiler - avait pris l’habitude de changer de pièce et de s’enfermer devant la télévision. "Tout était bon pour nous éviter. Il préférait regarder Stade 2 que de nous écouter" , dira récemment un ami du couple revenu soutenir François Hollande.

Valérie Trierweiler avait coûté cher à Ségolène en 2007, elle avait recommencé en 2012. Trop, c’était trop. Son hospitalisation après la sortie du magazine Closer était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Le rôle des enfants

“La prochaine fois, je tournerai sept fois mon doigt avant d’envoyer un tweet”, avait déclaré, tout sourire, Valérie Trierweiler, au lendemain du 14 juillet 2012 et alors que son message de soutien à Olivier Falorni – candidat dissident du PS aux législatives en Charente et donc adversaire direct de Ségolène Royal – avait déjà défrayé la chronique.

La veille, après avoir remonté les Champs Elysées sous la pluie pour sa première célébration de la fête nationale sous les habits de président, François Hollande avait déjà dû mettre publiquement les choses au point. Un mois après être entré à l’Elysée, le premier président non marié devait tenter d’expliquer qu’il voulait compartimenter vie privée et vie publique et que “les affaires relevant de la vie privée se traitent en privé.” Une première mise au point qu’il allait répéter dix-huit mois plus tard après l’apparition de Julie Gayet.

Entre-temps, le président Hollande aura dû faire face aux tensions qui régnaient en permanence dans son cercle privé. Le premier à dégainer… définitivement, fut Thomas Hollande. Le fils aîné de François et Ségolène, très en vue dans la dernière ligne droite de la course à la présidence de son père, cet avocat avait été le premier à trancher.

Valérie Trierweiler n’avait jamais été sa “tasse de thé”, le tweet de soutien à Olivier Falorni était le message de trop. Le jeune décrétait qu’il ne la verrait plus. Quand François Hollande voulait voir son fils, c’était soit en tête à tête sous les ors de la République, soit chez sa mère Ségolène. De quoi creuser presque naturellement le fossé entre son père et sa compagne.

Trierweiler "va mieux" et reste "en bons termes" avec le président (entourage)

Valérie Trierweiler "va mieux" et elle est "en bons termes" avec le président, a indiqué son entourage dimanche à l'AFP, peu avant le départ de l'ex-compagne de François Hollande pour un déplacement humanitaire en Inde.

Mme Treirweiler a eu un déjeuner jeudi avec François Hollande, notamment pour préparer leur séparation officielle et ses suites. "Ce déjeuner s'est bien passé" et elle est aujourd'hui "en bons termes" avec son ex-compagnon, a-t-on assuré de même source.

Si elle a maintenu ce voyage prévu de longue date, c'est qu'"elle va mieux qu'auparavant", a souligné un proche. Il a précisé en outre que sa sécurité serait assurée en Inde par son garde du corps habituel.

Très atteinte par la révélation dans la presse people de la liaison du chef de l'Etat avec l'actrice Julie Gayet, la journaliste avait dû être hospitalisée durant une semaine, avant d'aller se reposer quelques jours à la résidence présidentielle de La Lanterne, proche du parc du Château de Versailles .

François Hollande a officialisé leur rupture samedi soir en annonçant à l'AFP avoir "mis fin à la vie commune qu'il partageait avec Valérie Trierweiler".

Dans la soirée, Mme Trierweiler a réagi sur son compte Twitter en exprimant "toute (sa) gratitude" à "l'extraordinaire personnel de l'Elysée", ajoutant: "Je n'oublierai jamais son dévouement ni l'émotion au moment du départ".