Emmanuel Macron a été élu il y a trois ans, le 7 mai 2017. Retour sur trois années d'un quinquennat troublé.

2017, sabre au clair

Emmanuel Macron n'a que 39 ans lorsqu'il remporte, le 7 mai 2017, la présidentielle face à Marine Le Pen avec 66,1% des suffrages. Après s'être assuré une large majorité à l'Assemblée nationale un mois plus tard, il démarre son programme de "transformation radicale" de la France: en 18 mois, sont actées des réformes du droit du travail, de la SNCF, la loi de moralisation de la vie politique, la suppression de l'ISF...

"Sur tout, je fais ce que j'ai dit", affirme-t-il en octobre 2017.

Affaire et démissions

En juillet 2018, quelques jours après avoir célébré à l'Elysée le triomphe des Bleus au Mondial en Russie, Emmanuel Macron est confronté à sa première crise: l'affaire Alexandre Benalla, qui va déstabiliser l'Elysée et revigorer les oppositions.

Deux nouveaux coups durs marquent la rentrée 2018: les démissions successives des ministres de premier plan Nicolas Hulot (Transition écologique) et Gérard Collomb (Intérieur). Au total, ce sont 17 ministres, un chiffre historiquement élevé, qui quitteront le gouvernement en trois ans.

"Gilets jaunes"

C'est la crise que presque personne n'avait vu arriver: le 17 novembre 2018, des "gilets jaunes" commencent à occuper des ronds-points et bloquer des routes. Ils protestent contre la hausse des taxes sur les carburants mais aussi contre la politique sociale et fiscale du gouvernement.

Après plusieurs samedis de violence, Emmanuel Macron tente d'éteindre l'incendie en présentant le 10 décembre une série de mesures sociales d'un coût de 10 milliards d'euros. Mais la contestation, parfois violente, persiste une bonne partie de 2019 et conduira l'exécutif à lâcher encore 7 milliards supplémentaires. Cette crise "m'a scarifié", reconnaîtra Emmanuel Macron.

"Acte 2"

Après quatre mois d'un "grand débat" inédit à travers la France où il s'explique, inlassablement, pour tenter d'apaiser la fronde, Emmanuel Macron lance le 25 avril 2019 "l'Acte 2 du quinquennat" sous le sceau du dialogue restauré, notamment avec les corps intermédiaires. Devant la presse, il promet une "nouvelle méthode" pour "lever beaucoup de malentendus".

Emmanuel Macron met en avant des promesses tenues, comme la PMA, l'amélioration de l'attractivité de la France et la baisse du chômage, ainsi que des décisions écologiques emblématiques, comme l'arrêt des projets de la Montagne d'Or en Guyane après Notre-Dame des Landes.

Explosives retraites

Présentée comme la réforme "emblématique du quinquennat", celle des retraites se veut le symbole de la méthode de l'Acte 2, avec une longue concertation de plusieurs mois. Mais il s'agit en réalité d'un dialogue de sourds, qui s'envenime avec une grève record de six semaines dans les transports.

La réforme passe néanmoins les premières étapes législatives. Juste avant qu'Emmanuel Macron n'annonce la suspension de "toutes les réformes en cours" à cause de la crise du coronavirus.

"En guerre"

"Nous sommes en guerre", martèle Emmanuel Macron le 16 mars, en sonnant la "mobilisation générale" contre le coronavirus, un "ennemi invisible et insaisissable". Cette crise mondiale bouleverse son agenda et celui du gouvernement, qui se consacre totalement à la lutte contre la pandémie.

Pour l'après-crise, il veut "sortir des sentiers battus", "se réinventer, moi le premier", annonce-t-il le 14 avril, en promettant de bâtir "un autre projet dans la concorde".

Ambitions internationales

Arrivé inexpérimenté sur la scène internationale en 2017, Emmanuel Macron s'y est montré extrêmement actif, en particulier pour défendre le multilatéralisme.

Il tente des coups d'éclat pour bousculer la diplomatie, comme celui d'inviter par surprise le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif en plein sommet du G7 de Biarritz pour chercher, en vain, à rapprocher Téhéran et Washington sur le dossier nucléaire.

"Nous sommes bousculés, l'audace est notre seule réponse", lance-t-il en présentant le 26 septembre 2017 son programme pour "refonder l'Union européenne". Au fil des sommets à Bruxelles, cette ambition se heurte à de multiples obstacles. Mais il voit dans la crise du coronavirus l'occasion de relancer la zone euro et de promouvoir la "souveraineté européenne".

"Héros français"

Soucieux d'édifier la population par l'exemple d'actes qu'il admire, en trois ans, Emmanuel Macron a célébré à de très nombreuses reprises la mémoire de "héros français", de l'officier de gendarmerie Arnaud Beltrame aux quatre policiers tués à la préfecture de police de Paris, en passant par les militaires morts au Sahel. Le jeune président a également présidé de nombreuses cérémonies d'hommage, notamment à Jacques Chirac ou Johnny Halliday. Il qualifie aussi de "héros" les pompiers ayant éteint l'incendie qui a dévasté, le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris, un drame qui provoque une forte émotion nationale et internationale.