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Le président américain Donald Trump a finalement accepté de laisser des troupes dans le nord-est syrien, dans l'espoir de convaincre des Européens réticents de participer à une force d'observation d'un millier d'hommes pour protéger les alliés kurdes.

La Maison Blanche a indiqué jeudi soir que les Etats-Unis maintiendraient environ 200 soldats en Syrie, quelques semaines après l'annonce surprise par Donald Trump du retrait des troupes américaines alors que le groupe Etat islamique (EI) est sur le point d'être vaincu dans son dernier réduit syrien.

"Un petit groupe de maintien de la paix d'environ 200 soldats restera en Syrie pour un certain temps", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain, sans autres précisions.

Cette annonce est intervenu après un échange téléphonique entre Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Le sénateur républicain Lindsey Graham, qui s'est publiquement opposé au retrait militaire total de Syrie, s'est félicité vendredi sur la chaîne Fox News de la décision du président américain, qui a "ajusté sa politique".

"C'est un très bon plan", a dit M. Graham, qui avait défendu cette idée ces derniers jours, notamment à la conférence sur la sécurité de Munich la semaine dernière. "Ces 200 soldats vont probablement attirer 1.000 Européens".

"Des milliers d'Européens ont été tués par des combattants de l'EI venus de Syrie en Europe", a affirmé le sénateur, exagérant largement le nombre de victimes des attentats attribués à l'EI en Europe. "Maintenant, la tâche incombe à l'Europe. 80% de l'opération devrait être européenne et peut-être 20% pour nous".

Selon les estimations du Global terrorism index, établi annuellement par le centre de recherche Institute for economics and peace, le terrorisme a fait quelque 700 morts en Europe depuis 2014, année de l'autoproclamation par l'EI de son "califat" sur un large territoire à cheval sur la Syrie et l'Irak.

Mais M. Trump souhaite retirer les troupes américaines des théâtres extérieurs comme la Syrie et l'Afghanistan, conformément à son slogan "l'Amérique d'abord".

 "Rendre les choses possibles"

Le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a peiné la semaine dernière à convaincre ses partenaires de la coalition anti-EI de constituer une "force d'observateurs" dans le nord-est syrien une fois les militaires américains partis.

Et M. Graham lui-même lui avait reproché d'accepter sans discuter le retrait militaire total de Syrie. "C'est l'idée la plus conne que j'ai jamais entendue", s'était exclamé l'influent sénateur.

L'objectif est double: maintenir un effort antiterroriste pour éviter la résurgence de l'EI, passé dans la clandestinité, mais aussi ne pas abandonner à leur sort les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont mené sur le sol syrien les combats contre l'EI, avec l'appui de la coalition, et que la Turquie menace d'attaquer.

"Nous avons besoin d'une zone tampon entre la Turquie et les Forces démocratiques", a indiqué M. Graham. "On ne veut pas finir une guerre et en déclencher une autre".

A Munich, l'idée de cette zone de sécurité avait été fraîchement accueillie par les Européens, qui avaient été pris de court par la décision unilatérale de M. Trump de se retirer de Syrie.

"Il est totalement hors de question d'avoir des Français au sol sans les Américains" sur le terrain, avait affirmé une source française.

Questionné vendredi, un responsable militaire a indiqué sous le couvert de l'anonymat que si le nombre exact des militaires qui participeront à la force américaine évoquée par la Maison Blanche et sa composition n'étaient pas encore connus, l'objectif était d'en faire "une force qui puisse rendre les choses possibles".

Le départ des soldats américains de Syrie devrait intervenir dans les prochaines semaines, alors que l'EI est sur le point d'être vaincu dans son dernier réduit en Syrie.

Outre les 200 militaires dans le nord-est, Washington compte maintenir une présence sur la base américaine d'al-Tanf, dans le sud du pays.