Les Américains ont élu le 45ème président des États-Unis. Donald Trump a été désigné vainqueur de cette élection en remportant 290 grands électeurs, contre 226 pour Hillary Clinton. Le milliardaire, que quasiment personne n'avait vu venir, n'est pourtant pas encore officiellement président.

De l'autre côté de l'Atlantique, le suffrage est indirect. Les Américains - ou plutôt la moitié d'entre eux (54,2 % de participation) - ont voté pour élire les grands électeurs, républicains ou démocrates. C'est ce système qui a permis au candidat de l'emporter, malgré un nombre de voix inférieur à celui de la démocrate (59,6 millions de voix pour Hillary Clinton et 59,4 millions pour Donald Trump), en empochant les États-clés avec un nombre important de grands électeurs, qui voteront à leur tour le 19 décembre.


Les grands électeurs pourraient-il changer la donne ?

Dans 23 États, les grands électeurs sont obligés de suivre le scrutin populaire et de voter pour le candidat pour lequel ils ont été élus. C'est une obligation légale, votée par la Cour suprême en 1952. Dans les 27 autres, le collège électoral n'est légalement pas tenu de voter pour son candidat. Les grands électeurs peuvent donc s'abstenir, ou choisir un autre prétendant à la fonction suprême. Ils deviennent alors des "électeurs sans foi".

Ce cas de figure s'est présenté 157 fois sur 57 élections présidentielles. Dans 71 cas, le candidat désigné était mort entre temps, dans trois autres, les électeurs se sont abstenus, tandis que les 82 derniers ont voté pour un autre candidat. Cependant, les grands électeurs ne franchissent jamais la ligne de voter pour un candidat de l'autre parti. Ils votent en général pour un membre de leur propre parti, ou pour un candidat non-aligné.

Les cas de trahison sont donc rares, mais ils existent. Lors de l'élection de 2000, pour protester contre la faible représentation du District of Columbia dans le collège électoral, Barbara Lett-Simmons avait choisi de s'abstenir plutôt que de voter pour Al Gore. En 2004, un grand électeur du Minnesota, censé voter pour John Kerry, avait, par erreur, voté pour John Edwards, le candidat à la vice-présidence. Malgré leur revirement, les « électeurs sans foi » ont eu un impact très faible, pour ne pas dire nul, sur l'élection du président choisi par le peuple.

Même s'il n'y sont pas contraints légalement, les grands électeurs désignés par les partis ont prêté serment et sont, dans la plupart des cas, loyaux envers leur candidat. C'est pourquoi il n'y a aucune raison pour que leur vote change le résultat en compromettant la future présidence du candidat républicain.

L'élection de Donald Trump par les grands électeurs aura lieu le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre, soit le 19 décembre cette année. À cette date, les grands électeurs se réuniront dans la capitale de leur État pour élire directement le nouveau président. Le dépouillement de ce vote se déroulera quinze jours plus tard, au Sénat à Washington. Donald Trump sera alors officiellement déclaré vainqueur, et son investiture aura lieu le 20 janvier 2017.

Si Donald Trump n'est pas encore officiellement président des États-Unis à l'heure qu'il est, il n'y a aucune chance pour que le collège électoral ne suive pas le vote populaire. De plus, les 64 voix d'avance que comptabilise le futur président mettent fin à toute spéculation. Le Républicain occupera donc la fonction présidentielle, malgré les nombreuses contestations qui ont eu lieu depuis le scrutin.