Monde Le 75e anniversaire du D-Day sera célébré sous un ciel transatlantique orageux.

La France s’apprête à recevoir le président américain Donald Trump pour commémorer le 75e anniversaire du jour J, le D-Day, symbole de l’unité des Alliés face à l’Allemagne nazie, à l’heure où s’accumulent les dissensions transatlantiques, de l’Iran au commerce international.

Plus de 30 000 personnes, dont près de 500 vétérans, sont attendues la semaine prochaine aux principales cérémonies de commémoration du 6 juin 1944, date du débarquement allié en Normandie, dans l’ouest de la France, étape-clé de la libération de l’Europe du joug nazi. Cette séquence mémorielle s’ouvrira mercredi matin à Portsmouth, en Angleterre, avec une cérémonie internationale en présence de la reine Elizabeth II et de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, dont la Première ministre britannique sur le départ, Theresa May, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président américain Donald Trump.

Les célébrations se poursuivront mercredi après midi et jeudi de l’autre côté de la Manche, sur les côtes normandes, en présence du locataire de la Maison Blanche. L’occasion, espère Paris, de dialoguer posément avec le président des États-Unis, dont la dernière visite en France, à l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918, s’était soldée par une salve de tweets rageurs à l’encontre d’Emmanuel Macron.

En 2014, son prédécesseur démocrate Barack Obama avait assisté aux cérémonies du 70e anniversaire du débarquement en présence de François Hollande, Vladimir Poutine, la reine Elizabeth II et Angela Merkel. Depuis le cimetière américain de Colleville, il avait prononcé un discours émouvant en hommage aux hommes qui se sont battus pour "changer le cours de l’Histoire, de l’humanité".

Cinq ans plus tard , "le monde n’est plus le même", commente François Heisbourg, conseiller Europe à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres. "En 2014, l’attaque russe en Crimée avait donné du grain à moudre aux alliés qui trouvaient là une occasion d’affirmer leur unité. Aujourd’hui, tout le monde va attendre avec inquiétude la fin des cérémonies en guettant un tweet dévastateur de Donald Trump", juge-t-il.

L’Élysée préfère afficher un optimisme prudent. "L’Amérique est notre amie indéfectible", insiste l’entourage du chef de l’État français, en rappelant qu’"avec toutes les administrations américaines, il y a des points de divergence, de discorde".

Pour Paris, les commémorations du jour J sont "une bonne opportunité de célébrer cette victoire commune et d’avoir la possibilité d’aller plus loin sur une liste de grands sujets prioritaires, pour essayer de rapprocher nos positions".

Un tête-à-tête suivi d’un déjeuner entre Donald Trump et Emmanuel Macron "permettront d’aborder des questions de substance", en particulier "l’Iran et le commerce", deux sujets de tensions entre Américains et Européens, explique-t-on à l’Élysée.

© AFP

Un C-130 et des parachutistes belges

Ils doivent sauter le 9 juin au-dessus du marais de La Fière.

Un avion de transport belge C-130 Hercules et une soixantaine de para-commandos du "Special Operations Regiment" (SOR) participeront dimanche prochain à un saut de masse près de la localité de Sainte-Mère-Église dans le cadre des commémorations du 75e anniversaire du Débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, a-t-on appris samedi de sources militaires. Ils feront partie d’un dispositif fort de dix-sept avions gros porteurs de sept nationalités qui doivent larguer près de 1 400 parachutistes - un millier de militaires et 400 civils, dont certains en uniforme d’époque - non loin de ce lieu mythique dans l’histoire du Débarquement. Ils doivent sauter le 9 juin au-dessus du marais de La Fière, si les conditions météorologiques le permettent, selon le programme prévu par les organisateurs.

Des sauts en chute libre sont également annoncés, tout comme des passages de la Patrouille de France avec neuf avions d’entraînement Alpha-Jet militaires et une démonstration d’une équipe civile, le Breitling Jet Team, qui vole sur sept L-39C Albatros.

Une trentaine d’avions sont prévus au total pour les parachutages, dont des C-47/DC-3 alias Dakota d’époque et le C-130 belge immatriculé CH-11 et normalement basé sur l’aéroport militaire de Melsbroek. Cet appareil porte depuis deux semaines les trois bandes blanches et deux noires typiques du Débarquement - à l’image de celles qui avaient été peintes, souvent à la hâte, le 5 juin 1944, sur le fuselage et les ailes des avions alliés pour leur permettre de se reconnaître et d’éviter les tirs fratricides.