Monde Le président américain estime que les vins américains sont trop taxés en Europe... et veut renvoyer la balle.

Les États-Unis ne sont pas à proprement parler le terroir auquel on pense en premier lorsqu’on songe à sa cave à vins. Et pourtant, la Californie s’est taillé une solide réputation dans le domaine. La Napa Valley et ses vignobles est d’ailleurs la seconde destination touristique de Californie derrière... Disneyland. On y produit désormais de très bons vins (chardonnay, pinot noir, sauvignon, syrah…) qui se sont même payés le luxe de battre les vins français dans une dégustation à l’aveugle qui fit grand bruit dans les années 1970.

Il n’en reste pas moins que les Américains, aussi patriotes soient-ils, apprécient toujours autant les grands crus français. Et dans un énième coup de colère, le président Trump a décidé de revoir les règles de taxation des importations de vins, jugeant qu’elles sont trop basses au regard des taxes appliquées sur les vins californiens qui pénètrent en Europe.

Dans sa ligne de mire, les vins français, même si nos voisins ne sont pas responsables du niveau de taxe appliqué aux breuvages californiens qui débarquent sur leur marché.

C’est en effet l’Union européenne qui dicte les règles et les taxes varient de 13,1 à 38,5 centimes d’euro par litre, selon la teneur du produit en alcool. Les douanes de chaque pays de l’Union européenne appliquent ces mêmes tarifs. Une fois entrés dans le marché commun, les produits importés circulent librement.

Dans l’autre sens , les vins (français) qui sont exportés vers les États-Unis sont frappés d’une taxe dépendant à la fois du taux d’alcool et de la taille de la bouteille, à savoir 5,6 centimes d’euro par litre (6,3 cents en dollars) pour les vins de moins de 14 degrés d’alcool vendus en bouteille de 75 cl. Au-delà, la taxe grimpe à 15 centimes d’euro par litre (16,9 cents de dollars), selon l’USITC. S’il y a donc bien une taxation plus importante sur l’importation de vins américains en Europe que sur l’exportation du Vieux Continent vers les USA, elle ne pèse cependant pas grand-chose dans le prix global de la bouteille.

En effet, 5,6 cents/litre, sur le prix d’une bouteille, cela ne représente que 4,2 cents... Le combat du président Trump n’est donc qu’une question de principe, un tel niveau de taxation n’influant visiblement pas sur la consommation d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique.