L'uranium appauvri utilisé par les Américains dans les Balkans a-t-il tué ces soldats rongés par le cancer ? Si oui, l'OTAN connaissait-il les dangers? Les Européens paniqués veulent des réponses

BRUXELLES "Que l'OTAN dise la vérité". Poussé par la mort suspecte de six militaires italiens ayant servi dans l'ex-Yougoslavie, Giuliano Amato, le président du Conseil italien veut briser le mutisme de l'OTAN sur tous ces soldats morts quelques mois ou années après leur retour de Bosnie ou du Kosovo. Une mort imputée aux pénétrantes et mortelles radiations issues de l'uranium appauvri utilisé dans les munitions dont l'efficacité est considérablement accrue contre les blindages.
De jour en jour, le phénomène désormais appelé Le syndrome des Balkans semble expliqué de plus en plus de morts mystérieuses ou les chimiothérapies appliquées à plusieurs soldats dans les hôpitaux militaires de divers pays d'Europe. A côté des six militaires italiens décédés à leur retour des Balkans viennent s'ajouter cinq militaires belges, deux Néerlandais et un Portugais sont également décédés, victimes de leucémie après leur retour des Balkans. La France a, elle aussi, admis que quatre soldats français étaient actuellement soignés pour leucémies dans des hôpitaux militaires. Les morts et malades s'amoncellent donc, ce qui a entraîné tous les pays d'Europe ayant envoyé des soldats en ex-Yougoslavie à procéder à des examens médicaux pour tous les militaires qui avaient combattu dans les Balkans. Ce qui a aussi entraîné Giuliano Amato et d'autres dirigeants européens (dont André Flahaut, notre ministre de la Défense) à demander des éclaircissements à l'OTAN qui a promis de fournir toute la lumière. Une lumière qui en tout cas ne filtre pas du Pentagone, l'état-major américain qui s'est contenté de minimiser l'impact des munitions enrichies en uranium appauvri sur l'environnement et la santé.