"Tout comme en France certains disent 'n'achetez pas les marques turques', je m'adresse d'ici à ma nation : surtout, ne prêtez pas attention aux marques françaises, ne les achetez pas", a déclaré M. Erdogan dans un discours particulièrement virulent à Ankara.


Les appels au boycott des produits français se sont multipliés sur les réseaux sociaux dans le monde musulman ces derniers jours, après que M. Macron eut promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet, lors d'un hommage à un professeur décapité dans un attentat pour avoir montré ces dessins en classe.

On ignorait dans l'immédiat à quels appels au boycott des produits turcs M. Erdogan faisait référence dans ses déclarations, Paris n'ayant rien dit publiquement en ce sens.

Les déclarations de M. Erdogan interviennent dans un climat de fortes tensions entre la Turquie et la France, deux pays alliés au sein de l'Otan dont les relations se sont dégradées sur fond de désaccords en Syrie, en Libye et en Méditerranée orientale.


Le chef d'Etat turc, accusant M. Macron d'"islamophobie", a plusieurs fois émis des doutes sur la "santé mentale" de son homologue français, des propos peu diplomatiques qui ont suscité l'ire de Paris et le rappel pour consultations de l'ambassadeur français à Ankara.

Lundi, M. Erdogan, qui a une nouvelle fois qualifié le président français de "dirigeant nécessitant un contrôle de son état mental", a appelé les dirigeants européens à stopper ce qu'il a qualifié de "campagne de haine qui est dirigée par Macron" contre les musulmans.

Le président turc s'en est aussi pris sans les nommer aux dirigeants d'autres pays européens, les accusant d'apporter leur soutien à "la haine de l'islam et des musulmans" et les qualifiant de "fascistes" et de "nazis".

"Une campagne de lynchage semblable à celle contre les juifs d'Europe avant la Seconde Guerre mondiale est en train d'être menée contre les musulmans", a même déclaré M. Erdogan.