Le secrétaire d'Etat Antony Blinken et le ministre de la Défense Llyod Austin doivent arriver dimanche à Kiev pour discuter des livraisons d'armes américaines à l'Ukraine, a annoncé samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

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23h03 : Réunion entre Zelensky, Blinken et le ministre de la Défense américain à Kiev

Une rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et le ministre américain de la Défense Lloyd Austin s'est tenue dimanche soir à Kiev, selon la présidence ukrainienne.

"Les Américains sont à Kiev aujourd'hui. Ils discutent en ce moment même avec le président", a déclaré, dans un entretien diffusé dans la soirée sur Youtube, un conseiller du président ukrainien, Oleksiï Arestovitch.

Il s'agit de la première rencontre entre M. Zelensky et des représentants de l'administration américaine en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

Les discussions dimanche devaient porter notamment sur les livraisons d'armes américaines à l'Ukraine.

M. Arestovitch a répété sur Youtube l'envie de Kiev de se voir livrer "des armes offensives": "Tant qu'on ne pourra pas contre-attaquer, il y aura un +nouveau Boutcha+ tous les jours", a-t-il lancé, faisant allusion à cette ville de la banlieue nord-ouest de Kiev devenue symbole des atrocités commises lors de l'occupation russe de la région au mois de mars.

"Les représentants américains ne viendraient pas ici s'ils n'étaient pas prêts à donner (des armes)", a-t-il estimé.

20h55 : L'Ukraine propose à la Russie des pourparlers à côté du site d'Azovstal à Marioupol

L'Ukraine a proposé à la Russie des pourparlers à côté du vaste complexe métallurgique Azovstal à Marioupol (sud-est), où sont toujours retranchés des combattants et des civils ukrainiens dans une ville dévastée en grande partie sous contrôle russe, a annoncé dimanche la présidence ukrainienne. "Nous avons invité les Russes à tenir une session spéciale de pourparlers juste à côté du site d'Azovstal", a déclaré lors d'un briefing un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Oleksiï Arestovitch, indiquant "attendre la réponse" de la délégation russe.

Plus tôt dans la journée, un autre conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, avait rappelé sur Twitter que Kiev exigeait "une trève" à Marioupol pour la Pâque orthodoxe célébrée dimanche, "un couloir humanitaire immédiat pour les civils" bloqués dans cette ville portuaire et "un accord pour des négociations spéciales pour échanger les prisonniers militaires".

L'immense usine Azovstal est symbolique car elle représente l'âpreté des combats entre les armées ukrainienne et russe à Marioupol, pillonnée depuis début mars par les forces de Moscou et aujourd'hui quasiment entièrement détruite.

Des combattants ukrainiens y sont toujours retranchés, avec peu de nourriture et de munitions, et "environ un millier de civils, femmes et enfants" et "des centaines de blessés", selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Son homologue russe Vladimir Poutine a, lui, exigé la reddition de ces derniers combattants, en demandant à son armée d'assiéger "la zone de telle manière à ce que pas une seule mouche ne passe".

La Russie dit viser le "contrôle total" du sud de l'Ukraine et de la région orientale du Donbass, pour disposer d'un pont terrestre vers la Crimée (sud) annexée par Moscou en 2014.

19h57 : Pas de munitions suisses pour l'Ukraine via l'Allemagne

La Suisse a mis son veto à la livraison à l'Ukraine de munitions helvétiques via l'Allemagne, a confirmé dimanche le ministère de l'Economie suisse. L'Allemagne entendait envoyer des munitions suisses vers l'Ukraine en guerre et Berlin a demandé à Berne si cette livraison était possible, selon l'hebdomadaire dominical suisse 'Sonntagszeitung'.

Le ministère fédéral de l'Economie a confirmé dimanche à l'agence de presse Keystone-ATS avoir refusé la demande de l'Allemagne, invoquant la neutralité suisse et les "critères impératifs de la législation sur le matériel de guerre". Selon la législation suisse, une telle livraison est juridiquement impossible, les exportations vers des pays impliqués dans des conflits internes ou internationaux intensifs et de longue durée étant interdites.

Le ministère souligne aussi que la Suisse exige par principe une déclaration de non-réexportation du matériel de guerre, où un pays s'engage à ne pas transmettre le matériel de guerre reçu de la Suisse sans son accord préalable. C'est une pratique courante parmi les pays exportateurs de matériels de guerre pour conserver une certaine maîtrise sur des produits sensibles.

Selon la 'Sonntagszeitung', des voix s'élèvent en Allemagne - dont le chancelier Olaf Scholz est accusé de se montrer trop timoré dans son soutien à l'Ukraine - pour critiquer la Suisse, qui serait coresponsable du fait que l'Allemagne ne peut pas livrer les véhicules de combat d'infanterie vieillissants Marder de fabrication allemande réclamés par l'Ukraine. Ces blindés seraient dotés de munitions provenant de Suisse, selon le journal.

Concernant le fait, mentionné par la 'SonntagsZeitung', que des munitions suisses sur des armes blindées, provenant par exemple du Royaume-Uni, arrivent malgré tout en Ukraine, le ministère de l'Economie précise qu'il faut distinguer l'exportation de matériel de guerre fini à des Etats et la sous-traitance de pièces détachées et de modules à des entreprises privées. Dans ce dernier cas, une déclaration de non-réexportation n'est pas nécessaire.

Selon le journal allemand 'Welt am Sonntag', le chancelier Scholz devrait annoncer dans les prochains jours sa décision concernant la vente par le groupe d'armement allemand Rheinmetall d'une centaine de ces véhicules.

Le gouvernement fédéral allemand n'a pas voulu commenter ces informations.

Le ministère suisse de l'Economie a précisé que le cas du Royaume-uni et des éléments livrés par la Suisse pour les armes antichars NLAW ("Next Generation Light Anti-Tank Weapon") qui ont été fournies en masse à l'armée ukrainienne est distinct.

La décision d'exporter ces armes antichars et les modules suisses qui les composent incombe exclusivement aux autorités britanniques, a indiqué le ministère.

15h16: le nombre de réfugiés s'approche de la barre des 5,2 millions

Un peu plus de 23.000 réfugiés ukrainiens ont fui ces dernières 24 heures leur pays pris d'assaut par les troupes russes depuis deux mois jour pour jour et s'approche des 5,2 millions, selon les chiffres partiellement actualisés du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés publiés dimanche. Selon le HCR, 5.186.744 Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février, soit 23.058 de plus que le chiffre publié samedi.

"Aujourd'hui, nous pensons à tous ceux qui célèbrent la Pâques orthodoxe. Pour les gens en Ukraine et ceux forcés de fuir le pays, ce sera une nouvelle journée de peur, d'angoisse, de perte et de séparations des êtres chers, alors que la guerre se poursuit sans répit. Que la force et le courage soient avec eux", a tweeté dimanche le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Filippo Grandi.

Depuis le début d'avril, ce sont un peu plus de 1.151.000 Ukrainiens qui ont fui, bien moins que les 3,4 millions qui avaient choisi l'exode au seul mois de mars.

L'Organisation internationale pour les Migrations (OIM), également rattachée à l'ONU, a indiqué que plus de 218.000 non-Ukrainiens, essentiellement des étudiants et des travailleurs migrants, avaient aussi quitté l'Ukraine pour les pays voisins, ce qui signifie que plus de 5,25 millions de personnes au total ont fui le pays depuis le début de la guerre.

Les femmes et les enfants représentent 90% de ces réfugiés, les hommes de 18 à 60 ans, susceptibles d'être mobilisés, n'ayant pas le droit de partir.

Près des deux tiers des enfants ukrainiens ont dû fuir leur foyer, y compris ceux se trouvant toujours dans le pays.

Plus de 7,7 millions de personnes ont quitté leur foyer mais se trouvent toujours en Ukraine, selon l'OIM.

Avant l'invasion russe, l'Ukraine comptait une population de 37 millions de personnes dans les régions sous le contrôle de son gouvernement. Ce chiffre exclut la Crimée (sud), annexée en 2014 par la Russie, et les régions de l'est contrôlées par des séparatistes prorusses.

14h03 : L'OSCE "inquiète" de la détention de plusieurs de ses membres

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est dite dimanche "extrêmement inquiète" après l'arrestation en Ukraine, dans les territoires séparatistes prorusses, de certains des membres de sa mission. Peu après l'invasion russe le 24 février, l'OSCE avait évacué plusieurs centaines d'observateurs issus de dizaines de pays qui surveillaient le cessez-le-feu depuis 2014.

13h22 : La Suisse bloque la livraison à l'Ukraine de munitions vendues à l'Allemagne

Le gouvernement suisse bloque une double livraison de munitions fabriquées en Suisse mais que l'Allemagne souhaite envoyer en Ukraine pour aider ce pays à se défendre face à l'invasion russe, a rapporté dimanche le journal dominical 'Sonntagszeitung'. Le Département (ministère) fédéral de l'Économie (Seco) invoque, selon cet hebdomadaire, la neutralité de la Confédération helvétique et les règles strictes qu'elle applique sur la réexportation de matériel militaire vers des zones de conflit pour justifier sa décision.

12h48 : Le pape renouvelle son appel à une trêve pascale

A l'occasion de la Pâques orthodoxe, célébrée ce dimanche, le pape François a demandé une fois de plus une trêve dans les combats en Ukraine et l'arrêt des attaques contre "des populations épuisées". "La journée d'aujourd'hui marque les deux mois du début de cette guerre", le 24 février, a-t-il rappelé à l'issue de la prière dominicale devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre et dont certains brandissaient le drapeau ukrainien.

12h24 : L'ONU appelle à une trêve "immédiate" à Marioupol pour évacuer les civils

L'ONU a appelé dimanche à une trêve "immédiate" à Marioupol, pour permettre l'évacuation de quelque 100.000 civils encore coincés dans ce port ukrainien presque entièrement contrôlé par l'armée russe.

"Il faut une pause dans les combats tout de suite pour sauver des vies. Plus nous attendons, plus les vies seront menacées. Ils doivent être autorisés à évacuer maintenant, aujourd'hui. Demain ce sera trop tard", a affirmé le coordinateur de l'ONU en Ukraine Amin Awad dans un communiqué.

11h00 : "Il faudra 50 ans pour tout déminer"

Des décennies seront sans doute nécessaires pour neutraliser les milliers d'engins explosifs encore actifs qui ont été déversés sur près de la moitié du territoire de l'Ukraine, préviennent les spécialistes deux mois après le début de l'invasion russe.

"Il faudra 50 ans pour tout déminer", estime Perrine Benoist, directrice de la réduction de la violence armée pour l'ONG Handicap International, rappelant qu'"on démine toujours au Laos, au Cambodge et au Vietnam, 50 à 60 ans après".

09h00 : "L'armée russe rencontre une forte résistance dans le Donbass", selon Londres

L'armée russe se heurte à une forte résistance des troupes ukrainiennes dans le Donbass, selon le Royaume-Uni. Le ministère britannique de la défense a indiqué dimanche matin, dans sa mise à jour quotidienne des renseignements, que les troupes ukrainiennes avaient repoussé plusieurs attaques. Les forces ukrainiennes auraient infligé des "dégâts considérables" à l'armée russe. Aucun autre détail n'a été livré. L'Ukraine elle-même indique avoir repoussé douze attaques russes dans le Donbass en 24 heures et avoir détruit, entre autres, quatre chars et cinq systèmes d'artillerie.