Au 27e jour du conflit en Ukraine, deux "bombes superpuissantes" ont frappé mardi Marioupol, selon les autorités de la grande ville portuaire ravagée par les bombardements russes où 100.000 civils sont coincés, tandis que les habitants de Kiev, sous couvre-feu, se terraient chez eux. Plus de 3,5 millions de personnes ont fui l'Ukraine et les combats depuis le début de la guerre.

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23H44: Zelensky appelle à des manifestations dans le monde entier contre la guerre russe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé mercredi soir les citoyens du monde entier à descendre dans les rues pour protester contre l'invasion de son pays par la Russie.

"Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l'Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie!", a lancé M. Zelensky dans un message vidéo en anglais. "Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!"

23h34:Le Royaume-Uni va livrer 6.000 missiles supplémentaires à l'Ukraine

Le Royaume-Uni va livrer 6.000 missiles supplémentaires à l'Ukraine, multipliant par plus de deux ses livraisons d'armes létales défensives après l'invasion russe du pays, a annoncé mercredi le Premier ministre britannique Boris Johnson.

"Le Royaume-Uni travaillera avec (ses) alliés pour accroître la soutien militaire et économique à l'Ukraine", a indiqué Boris Johnson avant des sommets de l'Otan et du G7 prévus jeudi à Bruxelles, un mois après le début de la guerre. Il a aussi annoncé aussi une aide de 25 millions de livres (30 millions d'euros) pour l'armée ukrainienne.

23h15: L'armée russe établit des positions défensives en Ukraine

L'armée russe a reculé de plus 30 km à l'est de Kiev depuis 24 heures et a commencé à établir des positions défensives sur plusieurs fronts en Ukraine, a indiqué mercredi un haut responsable du Pentagone. "Les Ukrainiens ont réussi à repousser les Russes à 55 km à l'est et au nord-est de Kiev", a déclaré à la presse ce haut responsable ayant requis l'anonymat, alors que le Pentagone estimait encore mardi que les forces russes se trouvaient à 15 à 20 km du centre de la capitale.

"Nous commençons à constater qu'ils se retranchent et qu'ils établissent des positions défensives", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas qu'ils n'avancent pas, c'est qu'ils ne tentent pas d'avancer. Ils prennent des positions défensives."

Les forces russes restent également bloquées à 10 km du centre de Chernihiv, au nord-est de Kiev, selon les estimations du Pentagone. Dans cette zone, "ils cèdent du terrain, ils se déplacent dans la direction opposée, mais pas de beaucoup", a-t-il noté.

A Kharkiv (est), où les combats restent intenses, les forces russes sont encore à 15 à 20 km du centre-ville et elles font face à une résistance "très ferme" des Ukrainiens.

Selon le responsable du ministère américain de la Défense, l'armée russe semble donner désormais la priorité aux régions séparatistes pro-russes de Lougansk et Donetsk, dans l'est. "Ils déploient beaucoup plus d'énergie dans la région de Lougansk/Donetsk, et notamment autour de Lougansk", a-t-il indiqué.

"Nous pensons qu'ils tentent d'immobiliser les forces ukrainiennes", qui sont déployées depuis 2014 le long de la ligne de front avec les zones séparatistes, "afin qu'elles ne puissent pas être utilisées ailleurs", a-t-il expliqué.

Au sud, le Pentagone constate que la Marine russe utilise le port de Berdyansk, sur la mer d'Azov, pour se ravitailler. Berdyansk est l'une des rares villes dont les forces russes ont réussi à prendre le contrôle, au 28e jour de leur offensive.

Enfin, le Pentagone ne constate aucun changement autour d'Odessa. Si plusieurs missiles ont été tirés en direction d'Odessa depuis des navires russes en début de semaine, cela ne s'est pas reproduit mardi ni mercredi, a précisé le responsable américain.

22H45: L'ONU va de nouveau "exiger" de la Russie la fin "immédiate" de la guerre en Ukraine

L'Assemblée générale de l'ONU débat mercredi d'une nouvelle résolution qui, si elle est adoptée par une majorité des Etats membres, va "exiger" de la Russie un arrêt "immédiat" de la guerre en Ukraine.

Le 2 mars, lors d'un vote qualifié d'"historique" par cette assemblée, 141 pays avaient approuvé une résolution qui "exige(ait) que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine". Cinq Etats, dont la Russie, avaient voté contre et 35 s'étaient abstenus.

Depuis mercredi matin, au siège de l'Organisation à New York, l'Ukraine présente lors d'une session spéciale d'urgence de l'Assemblée générale une résolution soutenue par 88 pays et qui avait été initialement préparée par la France et le Mexique pour être soumise au Conseil de sécurité.

Ce texte non contraignant, consulté par l'AFP, "exige une cessation immédiate des hostilités par la Fédération de Russie contre l'Ukraine, en particulier de toutes les attaques contre des civils et des objectifs civils".

22H40: Chelsea autorisé à vendre des billets en Ligue des Champions et en Coupe

Le gouvernement britannique a accordé mercredi une nouvelle licence au club de Chelsea qui va lui permettre de vendre des billets pour ses derniers matchs de Ligue des Champions et de Coupe d'Angleterre cette saison.

Les Blues sont soumis à une série de restrictions du fait des sanctions imposées par le gouvernement britannique à leur propriétaire, Roman Abramovitch, pour ses liens allégués avec le président russe Vladimir Poutine, après l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

À ce titre, le club londonien s'était vu interdire de vendre des billets à compter du 10 mars. L'interdiction s'applique toujours à la Premier League, le championnat d'Angleterre, où Chelsea ne pourra pas vendre de billets à ses supporters pour les matches programmés dans son stade. Ses supporteurs pourront en revanche acquérir des places pour les matches à l'extérieur. De même, Chelsea pourra vendre des billets pour les supporters des équipes de Premier League qui se déplaceront sur sa pelouse.

Chelsea recevra le Real Madrid le 6 avril en quart de finale aller de la Ligue des Champions. Il affrontera aussi Crystal Palace en demi-finale de la Coupe d'Angleterre le week-end des 16 et 17 avril à Wembley.

Aux termes de la nouvelle licence, le club peut mettre en vente des billets pour ces deux matches et pour les autres rencontres qui pourraient suivre dans ces deux compétitions, ainsi que pour les matches de sa section féminine. Le produit de ces ventes devra être reversé aux organisateurs de ces différentes compétitions.

Abramovitch, qui a acheté le club en 2003, l'a mis en vente avant d'être sanctionné. Le processus est en cours.

22H23: UE : consignes de prudence aux réfugiés ukrainiens face aux risques de trafic

"Voyagez en bus si possible", "ne confiez pas vos papiers d'identité à quelqu'un d'autre qu'un garde-frontière": la commissaire européenne Ylva Johansson a donné mercredi des consignes de prudence aux réfugiés fuyant l'Ukraine, face au "risque énorme" de trafic de femmes et d'enfants.

Lors d'une conférence de presse, la commissaire aux Affaires intérieures a réitéré sa "forte inquiétude" à ce sujet, sur lequel Europol a aussi tiré la sonnette d'alarme. "Ce matin nous avons enregistré 1.470 mineurs non accompagnés, mais en même temps l'OIM (Organisation Internationale pour les migrations) a rapporté que 2.500 orphelins ont été évacués. Donc il est vraiment important d'enregistrer correctement les enfants" aux frontières, a-t-elle dit.

21h23: Deux nouveaux yachts d'un oligarque russe gelés dans le sud de la France

Deux nouveaux yachts appartenant à l'oligarque russe Alexeï Kouzmitchev, parmi les plus influents en Russie, ont été "gelés" sur la Côte d'Azur, dans le cadre des sanctions prises par l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine, a-t-on appris mercredi de sources gouvernementales.

20h45: Une journaliste russe tuée dans un bombardement à Kiev

Une journaliste russe a été tuée mercredi dans un bombardement sur Kiev, a annoncé dans la soirée le média indépendant en ligne pour lequel elle travaillait, The Insider. Oksana Baulina a été tuée par une roquette pendant qu'elle était en train de filmer les dommages causés par une précédente frappe sur un centre commercial de l'arrondissement de Podil, dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne, selon un communiqué de son journal.

Un autre civil a été tué et deux personnes qui accompagnaient la journaliste ont été blessées.

Avant de rejoindre The Insider, Mme Baulina était productrice pour une fondation de lutte contre la corruption dans son pays. Celle-ci ayant été classée comme "organisation extrémiste" par les autorités, la journaliste avait dû quitter la Russie et continuait à travailler pour The Insider sur le thème de la corruption.

Elle s'était rendue en Ukraine en tant que correspondante, où elle avait fait plusieurs sujets à Kiev et Lviv (ouest), toujours selon son média, qui a exprimé ses "profondes condoléances" à sa famille et ses amis.

"Nous continuerons à couvrir la guerre en Ukraine, y compris les crimes de guerre russes de même que les bombardements aveugles sur les zones d'habitation qui provoquent la mort de civils et de journalistes", ajoute The Insider, un média en ligne indépendant fondé en 2013 par le journaliste et militant Roman Dobrokhotov et qui a désormais son siège à Riga, la capitale de la Lettonie.

Cinq journalistes ont au total été tués en Ukraine depuis le début, le 24 février, de l'offensive russe.

20h34 : La Russie restreint l'accès à News.Google

Le régulateur russe des médias (Roskomnadzor) a restreint l'accès au service en ligne News.Google, accusé de fournir l'accès à de "fausses" informations sur l'offensive russe en Ukraine, ont rapporté mercredi les agences de presse russes. Cette décision a été prise à la demande du Parquet général russe, selon un communiqué de Roskomnadzor, cité par les agences.

19h46 : Le chef de la diplomatie ukrainienne appelle au "boycott" mondial de Renault

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a appelé mercredi à un "boycott" mondial du constructeur automobile français Renault en raison de "son refus de quitter la Russie", à la suite de l'invasion de l'Ukraine par les forces russes.

M. Kouleba accuse dans un tweet Renault, dont la Russie est le deuxième marché et où il est présent via la compagnie AvtoVAZ, de "soutenir une guerre brutale d'agression". Il appelle en conséquence "les clients et les entreprises à travers le monde à boycotter le groupe Renault".

19h36 : Moscou réplique et expulse des diplomates américains

La Russie a décidé d'expulser des diplomates américains en représailles à l'expulsion par Washington de 12 membres de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU, a indiqué mercredi la diplomatie russe dans un communiqué. "Le 23 mars, une note avec la liste des diplomates américains déclarés +persona non grata+ a été remise au responsable de la mission diplomatique américaine qui a été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères", précise le communiqué.

Cette décision a été prise en réponse à l'expulsion par Washington des diplomates de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU à New York, selon la même source.

"La partie américaine s'est vu notifier de manière ferme que tout acte hostile des États-Unis contre la Russie fera face à une riposte résolue et adéquate", ajoute le communiqué.

Les États-Unis ont expulsé début mars, en pleine crise ouverte avec la Russie au sujet de l'Ukraine, 12 membres de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU, accusés d'"espionnage".

"Les États-Unis ont informé les Nations unies et la mission permanente de la Russie à l'ONU que nous entamions le processus d'expulsion de 12 agents de renseignement de la mission russe qui ont abusé" de leur statut diplomatique aux États-Unis "en s'adonnant à des activités d'espionnage contraires à notre sécurité nationale", avait annoncé la porte-parole de la mission américaine à l'ONU, Olivia Dalton, dans un communiqué.

L'ambassadeur russe aux États-Unis, Anatoli Antonov, avait alors dénoncé une "démarche hostile" américaine, en soulignant que ces actes suscitaient une "déception profonde et un rejet absolu" à Moscou.

19h25 : La Russie mène une guerre "d'usure" en Ukraine

Un haut responsable de la Défense britannique a indiqué mercredi que la Russie menait désormais une guerre "d'usure" en Ukraine, qui accroîtra la destruction et les pertes civiles. "Les opérations russes ont changé", a déclaré Jim Hockenhull, chef du renseignement de la Défense, lors d'un point presse, soulignant que le Kremlin poursuivait "maintenant une stratégie d'usure" après n'avoir pu atteindre ses "objectifs initiaux".

"Cela impliquera le recours irresponsable et indiscriminé à la puissance de feu" et "résultera en davantage de pertes civiles, la destruction des infrastructures ukrainiennes et intensifiera la crise humanitaire", a-t-il prévenu.

Selon Jim Hockenhull, le président russe Vladimir Poutine a fortement renforcé le contrôle des médias dans son pays afin de cacher les problèmes opérationnels et les pertes importantes subies par les forces russes.

19h19 : Les États-Unis ont établi que l'armée russe a commis des "crimes de guerre" en Ukraine

Le gouvernement américain "a établi que les membres des forces russes ont commis des crimes de guerre en Ukraine", a affirmé mercredi le secrétaire d'État américain Antony Blinken. Les Etats-Unis se basent sur "un examen minutieux des informations disponibles issues de sources publiques et du renseignement", a indiqué dans un communiqué M. Blinken, précisant que des tribunaux devraient déterminer les responsabilités juridiques.

19h11 : Washington va sanctionner jeudi des oligarques et des responsables politiques russes

Le gouvernement américain "a établi que les membres des forces russes ont commis des crimes de guerre en Ukraine", a affirmé mercredi le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

Les Etats-Unis se basent sur "un examen minutieux des informations disponibles issues de sources publiques et du renseignement", a indiqué dans un communiqué M. Blinken, précisant qu'il reviendrait aux tribunaux de déterminer les responsabilités juridiques.

"Nous avons vu de nombreux rapports crédibles d'attaques sans distinction et d'attaques visant délibérément des civils, ainsi que d'autres atrocités", a ajouté le chef de la diplomatie américaine, citant la destruction "d'immeubles résidentiels, d'écoles, d'hôpitaux, d'installations essentielles, de véhicules civils, de centres commerciaux et d'ambulances", qui ont fait "des milliers de morts et de blessés".

Beaucoup de ces sites étaient "clairement identifiés comme utilisés par des civils", a-t-il expliqué en évoquant le bombardement d'une maternité et d'un théâtre où s'abritaient des femmes et des enfants, et en face duquel le mot "enfants" était peint en lettres géantes, dans la ville stratégique de Marioupol, assiégée par l'armée russe.

A la date du 22 mars, plus de 2.400 civils ont été tués à Marioupol, a-t-il indiqué en citant des responsables de cette ville portuaire.

Environ 200.000 personnes vivent encore dans cette ville encerclée et quotidiennement bombardée depuis que la Russie a déclenché son offensive, le 24 février. Ce siège est une forme de "génocide", a pour sa part affirmé mardi à l'AFP la procureure générale d'Ukraine, Iryna Venediktova.

L'armée russe "a utilisé la même tactique à Grozny, en Tchétchénie, et à Alep, en Syrie, où elle a intensifié ses bombardements sur les villes pour briser la volonté de la population", a dénoncé M. Blinken.

Le président américain Joe Biden a déjà qualifié le président russe Vladimir Poutine de "criminel de guerre", et l'Union européenne a également évoqué "un crime de guerre majeur" à Marioupol.

18h52 : L'ONU divisée sur la mention de l'invasion russe dans une résolution humanitaire

L'Assemblée générale des Nations unies (ONU) s'est à nouveau réunie mercredi, à New York, pour discuter de la guerre en Ukraine. Il existe toujours des divisions au sein de cet organe comptant 193 membres. La France et le Mexique font en effet pression pour que l'invasion russe soit mentionnée dans une résolution sur la détérioration de la situation humanitaire en Ukraine, mais l'Afrique du Sud résiste, estimant que l'inclusion de considérations politiques dans le texte pourrait bloquer un accord sur l'aide aux civils. La proposition de résolution franco-mexicaine bénéficie du soutien de nombreux pays occidentaux. L'ambassadeur ukrainien auprès des Nations unies, Sergei Kislizja, a déjà appelé à soutenir le texte. "Chaque jour de la guerre russe contre l'Ukraine, la situation humanitaire s'aggrave", a-t-il alerté mercredi.

La proposition de résolution est clairement dirigée contre la Russie et demande, entre autres, "la cessation immédiate des hostilités par la Fédération de Russie contre l'Ukraine, en particulier toutes les attaques contre les civils et les biens civils". Moscou doit retirer ses forces d'Ukraine sans délai, et les attaques contre les écoles et les hôpitaux doivent cesser, stipule encore le texte. Y est également exprimée la crainte d'une crise de la faim dans le monde, l'Ukraine représentant une part importante des exportations mondiales de céréales.

Vasily Nebenzija, le représentant russe auprès des Nations unies, a déjà émis des critiques. Selon lui, il s'agit de compléter le texte adopté par l'Assemblée générale le 2 mars par un énième "document anti-russe". Le diplomate estime que la nouvelle résolution ne fera qu'encourager l'Ukraine à s'en tenir à ses "demandes irréalistes" dans le cadre des pourparlers de paix entre Moscou et Kiev.

La proposition de résolution concurrente de l'Afrique du Sud est clairement plus neutre et ne fait aucune référence à l'agression russe contre l'Ukraine. L'intention est de procéder à un vote sur les deux textes, même si des rumeurs indiquent que l'Afrique du Sud pourrait encore retirer son texte.

Une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies - contrairement à celle du Conseil de sécurité, plus puissant - n'est pas contraignante au regard du droit international.

18h48 : Exiger le paiement du gaz russe en roubles est une "rupture de contrat", dénonce Berlin

L'Allemagne a critiqué mercredi une "rupture de contrat" après l'annonce par le président russe Vladimir Poutine que Moscou n'accepterait plus de paiements en dollars ou en euros en échange de ses livraisons de gaz à l'Union européenne. Cette exigence "constitue une rupture de contrat", a déclaré le ministre de l'Économie Robert Habeck lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Nous allons maintenant discuter avec nos partenaires européens de la manière de répondre à cette demande", a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine a annoncé mercredi que la Russie n'accepterait plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l'UE, donnant une semaine aux autorités russes pour élaborer le nouveau système en roubles.

Le président russe a expliqué qu'il s'agissait d'une réaction au gel des actifs de la Russie en Occident à cause de son offensive en Ukraine.

L'Allemagne est particulièrement dépendante du gaz russe, qui représente quelque 55% de ses importations de gaz.

18h43 : En réponse à Zelensky, Adeo (Leroy Merlin) redit maintenir son activité en Russie

Adeo, la holding de Leroy Merlin à qui le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé mercredi, parmi d'autres entreprises, de quitter la Russie, a répondu qu'une fermeture serait considérée comme une "faillite préméditée", "ouvrant la voie à une expropriation qui renforcerait les moyens financiers de la Russie".

Dans une déclaration à l'AFP, Adeo assure en revanche avoir "décidé au début du conflit de suspendre les nouveaux investissements" en Russie. Volodymyr Zelensky a exhorté mercredi devant le Parlement français les entreprises françaises implantées en Russie à cesser de soutenir "la machine de guerre" russe et à quitter ce pays, citant également Renault et Auchan, enseigne détenue comme Leroy Merlin par la famille Mulliez.

18h02 : La Suède et l'Allemagne vont envoyer des armes antichar supplémentaires à l'Ukraine

La Suède va envoyer 5.000 armes antichar supplémentaires à l'Ukraine pour la soutenir face à l'invasion russe, a annoncé le gouvernement mercredi. De son coté, le ministère allemand de la Défense souhaite fournir à l'Ukraine 2.000 armes antichars Panzerfaust supplémentaires provenant des stocks de l'armée allemande. La Suède, qui avait rompu pour Kiev avec sa doctrine lui interdisant d'exporter des armes vers un pays en guerre pour la première fois depuis 1939, va expédier une nouvelle cargaison d'armes.

L'annonce intervient à la veille d'un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky devant le Parlement suédois, jeudi.

"La Suède va doubler sa contribution aux forces armées avec 5.000 armes anti-tank et du matériel de déminage", a déclaré sur Twitter la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde, saluant "une nouvelle décision historique".

Un porte-parole du ministère de la Défense a confirmé qu'il s'agissait du même modèle déjà envoyé à 5.000 exemplaires par l'armée suédoise, des lance-roquettes à tir unique de classe AT-4.

Simples d'utilisation, ces armes sont toutefois moins puissantes qu'un lance-missile antichar de conception suédoise, le modèle NLAW. Ce modèle a été en vain réclamé par Kiev à la Suède. Mais il a été livré à l'Ukraine par l'armée britannique.

La Suède a rompu avec sa neutralité à la fin de la guerre froide mais reste officiellement non aligné et hors des alliances militaires. Le pays n'est ainsi pas membre de l'Otan même s'il est partenaire de l'alliance depuis le milieu des années 90.

En ce qui concerne l'Allemagne, le ministère de la Défense doit encore obtenir l'autorisation du Conseil national de sécurité, un comité gouvernemental qui s'occupe de la politique de sécurité et des exportations d'armes.

Les forces armées ukrainiennes ont déjà reçu 1.000 armes antichars et 500 missiles sol-air Stinger provenant des stocks de la Bundeswehr, ainsi que 500 des quelque 2.700 missiles Strela provenant d'autres stocks en Allemagne. Selon le journal allemand Bild, le Conseil national de sécurité a décidé, lors d'une session secrète, d'envoyer les 2.200 missiles restantes.

15h56 : Kiev toujours menacée mais l'armée russe recule sur plusieurs fronts

Kiev reste un objectif de l'armée russe, mais celle-ci est bloquée ces dernières semaines au nord-ouest et à l'est de la capitale ukrainienne, et a dû reculer ces derniers jours sur plusieurs de ces fronts, a affirmé mercredi le maire Vitali Klitschko.

"La cible de l'agresseur est la capitale de l'Ukraine, le coeur de notre pays", a déclaré l'ancien champion du monde de boxe, au cours d'une conférence de presse dans un parc historique du centre-ville dominant le fleuve Dniepr.

"Il y a toujours beaucoup d'attaques venant du nord et de l'est de notre ville", a expliqué M. Klitschko, au pied d'une célèbre statue de l'Archange Saint-Michel. L'édile, s'exprimant tour-à-tour en anglais et en ukrainien, était accompagné de son frère Wladimir, lui aussi champion du monde de boxe anglaise.

"Près de Brovary (périphérie est de Kiev), depuis le nord derrière Liutij se déroule une grande bataille, et selon des informations de sources officielles, la petite localité de Makariv (ouest) et la presque totalité d'Irpin (nord-ouest) sont déjà sous contrôle des soldats ukrainiens", a-t-il affirmé.

Interrogé sur une contre-offensive ukrainienne en cours, il a assuré n'avoir aucune information précise sur ce sujet, alors qu'une agence de presse ukrainienne a évoqué un possible encerclement des forces russes à Irpin, Boutcha et Gostomel, des localités au nord-ouest de Kiev.

Les zones d'Irpin et de Liutij étaient toutes deux mercredi le théâtre d'intenses échanges d'artillerie, avec notamment une forte activité à l'arrière du front d'Irpin, a constaté l'AFP. Ces lignes de front restent aujourd'hui interdites d'accès à la presse, après la mort de plusieurs journalistes dans cette zone.

"Notre message aux Russes: quittez notre pays, rentrez chez vous. Nous ne savons pas combien de temps il faudra (...), cela peut être long", a prévenu le maire de Kiev.

"Plutôt mourir que de se mettre à genoux devant les forces russes. Nous sommes prêts à défendre chaque immeuble, chaque rue, chaque recoin de notre ville. Toute la ville a désormais des postes de combats", a indiqué M. Klitschko.

"Partout dans le pays l'armée russe détruit toutes les infrastructures civiles, tue les civils (...). Nous estimons que cela peut se passer dans notre ville, que les Russes peuvent lancer des attaques sur les civils et détruire toutes les infrastructures de la capitale de l'Ukraine", a-t-il ajouté.

Un quartier d'habitations du nord-ouest de la ville a été mercredi matin la cible de bombardements, qui ont endommagé plusieurs habitations et fait quatre blessés.

Depuis le début de l'invasion le 24 février, 73 civils, dont 4 enfants, ont été tués, et 297 blessés à Kiev, selon un dernier bilan communiqué mercredi à l'AFP par la porte-parole du maire.

Interrogé sur les raisons d'un couvre-feu complet de 35 heures ce début de semaine, M. Klitschko a expliqué "avoir reçu des informations des forces armées sur de possibles attaques". Des "dizaines de saboteurs" ont par ailleurs été arrêtés depuis le début de la guerre, a-t-il indiqué.

15h41 : Zelensky demande aux entreprises françaises de quitter la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est adressé mercredi au parlement français, déclarant attendre de la France qu'elle aide l'Ukraine à mettre fin à cette "guerre contre la liberté, l'égalité et la fraternité" et à adhérer à terme à l'Union européenne.

"Nous attendons de la France, de votre leadership (...), que vous aidiez à restaurer l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a affirmé le président ukrainien qui s'adressait par visioconférence.

Il a aussi exhorté mercredi devant le Parlement français les entreprises françaises implantées en Russie à cesser de soutenir "la machine de guerre" russe et à quitter ce pays, citant Renault, Auchan et Leroy Merlin.

"Les entreprises françaises doivent quitter le marché russe. Renault, Auchan, Leroy Merlin et autres, ils doivent cesser d'être les sponsors de la machine de guerre de la Russie" en Ukraine, a-t-il déclaré dans une allocution retransmise en visioconférence devant les députés et sénateurs français.

"Ils doivent arrêter de financer le meurtre d'enfants et de femmes, le viol", a-t-il martelé. "Tout le monde va se rappeler que les valeurs valent plus que les bénéfices", a-t-il averti.

L'enseigne de bricolage Leroy Merlin, très implantée en Russie, son deuxième marché derrière la France, revendique 36.000 salariés dans ce pays, qui opèrent dans 107 hypermarchés et 62 villes.

Des salariés de la branche ukrainienne de Leroy Merlin ont demandé lundi à l'enseigne de cesser ses activités en Russie après le bombardement d'un magasin du groupe à Kiev.

La chaîne de magasins Auchan est également emblématique de la grande distribution en Russie, où elle exploite 231 magasins pour un chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros, soit plus de 10% de son activité globale.

D'autres enseignes internationales emblématiques comme le suédois Ikea et la chaîne de restauration rapide McDonald's ont en revanche suspendu leurs opérations en Russie en réaction à l'invasion de l'Ukraine.

La Russie est aussi le deuxième marché du groupe automobile Renault dans le monde derrière l'Europe. Le fabricant français est présent via le groupe AvtoVAZ, qui a stoppé une partie de sa production à la mi-mars en raison d'une pénurie de composants liée aux sanctions occidentales infligées à la Russie.

Renault est d'autant plus exposé qu'il est associé en Russie avec le conglomérat public russe Rostec, dirigé par Sergueï Tchémézov, un allié de Vladimir Poutine.

Le groupe français TotalEnergies, également critiqué pour son maintien en Russie, a quelque peu pris ses distances mardi avec ce pays stratégique en annonçant renoncer à tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, au plus tard à la fin de l'année.

15h14 : Le chef de l'Otan accuse Pékin de soutenir Moscou en "répandant des mensonges éhontés"

Le sommet de l'Otan jeudi appellera la Chine à s'abstenir de soutenir l'effort de guerre de la Russie contre l'Ukraine, a indiqué mercredi le chef de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse.

Le chef de l'Otan a également accusé Pékin de fournir "un soutien politique à Moscou, y compris en répandant des mensonges éhontés et de la désinformation" sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

14h51 : Le Bélarus expulse la plupart des diplomates ukrainiens de son territoire

Le Bélarus, pays allié de Moscou, a annoncé mercredi l'expulsion de la plupart des diplomates ukrainiens en poste sur son territoire, accusant Kiev d'actions "inamicales" et "d'ingérence" dans ses affaires. "Le Bélarus a décidé de réduire le nombre de diplomates ukrainiens sur son territoire. Cette mesure vise à mettre un terme aux activités non diplomatiques d'un certain nombre de membres du personnel des institutions diplomatiques ukrainiennes", a annoncé le porte-parole de la diplomatie bélarusse, Anatoli Glaz.

Concrètement, ne resteront à Minsk que l'ambassadeur ukrainien et quatre diplomates, alors que plus de 20 personnes travaillaient à l'ambassade jusque-là.

Le Bélarus va également fermer le consulat ukrainien à Brest, dans l'Ouest du pays, "en raison de l'absence effective du personnel". Le pays avait déjà retiré tous ses diplomates d'Ukraine.

"Depuis 2020, le Bélarus a observé de nombreuses actions inamicales de l'Ukraine visant à la destruction irresponsable des relations inter-étatiques avec notre pays, des contacts commerciaux et des liens établis de longue date", a justifié M. Glaz.

"La situation a atteint un point tel que les autorités ukrainiennes ont commencé à s'ingérer directement et indirectement dans nos affaires intérieures et mis en pause les contacts entre nos Etats. Dès 2021, elles ont qualifié le Bélarus de pays ennemi", a-t-il dit.

Cette ex-république soviétique dirigée d'une main de fer depuis 1994 par Alexandre Loukachenko est la principale alliée de la Russie et sert notamment de base arrière pour les forces de Moscou pour leur offensive dans le Nord de l'Ukraine.

Des responsables ukrainiens ont accusé à plusieurs reprises Minsk de se préparer à envoyer ses propres troupes en Ukraine, ce que le Bélarus dément. Le pays a aussi servi de plateforme pour les deux premières sessions de pourparlers russo-ukrainiens

14h49 : Le président ukrainien s'exprimera devant la Chambre jeudi prochain

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'exprimera jeudi prochain à 14h15 devant la Chambre des représentants par vidéoconférence, a-t-on appris mercredi à l'issue de la conférence des présidents. Le président ukrainien s'est déjà exprimé à distance devant un certain nombre de parlements nationaux depuis le début de la guerre provoquée par la Russie. Mercredi, il a pris la parole devant le parlement japonais et devait s'exprimer à 15h devant l'Assemblée nationale et le Sénat en France.

14h27 : L'Otan va apporter un "soutien supplémentaire" à l'Ukraine contre les menaces nucléaires et chimiques

L'Otan va déployer quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, pour renforcer ses défenses contre la Russie sur son flanc oriental, a annoncé mercredi son secrétaire général.

"Les dirigeants de l'Otan vont décider lors de leur sommet demain (jeudi) de renforcer la posture de défense avec quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, portant à huit les groupements tactiques déployés de la Baltique à la mer Noire", a précisé le Norvégien Jens Stoltenberg.

Tout usage d'armes chimiques par la Russie en Ukraine est inacceptable et aurait de profondes conséquences, a-t-il aussi prévenu.

14h00 : L'OIT "suspend" sa coopération avec la Russie

L'Organisation internationale du travail a décidé mercredi de "suspendre provisoirement" sa coopération avec la Russie, à cause de l'invasion de l'Ukraine, selon une résolution adoptée par le Conseil d'administration.

La résolution -qui isole un peu plus Moscou au sein du système onusien- écarte aussi la Russie des réunions techniques et d'experts ou encore de conférences décidées par le Conseil d'administration de l'OIT.

13h57 : Joe Biden part pour l'Europe, l'attaque russe à l'arme chimique en Ukraine est "une menace crédible"

Une attaque russe à l'arme chimique en Ukraine est "une menace crédible", a prévenu mercredi Joe Biden en quittant la Maison Blanche.

Le président américain s'envole pour l'Europe, où un marathon diplomatique l'attend. Il participera à trois sommets internationaux jeudi à Bruxelles: celui de l'Otan, du G7 et de l'Union européenne.


13h50 : Kiev appelle à sanctionner "les propagandistes de la télévision russe"

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a appelé mercredi les Occidentaux à sanctionner "les propagandistes de la télévision russe", à la veille de sommets de l'Otan et de l'UE consacrés à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "Les propagandistes de la télévision russe sont pires que les pilotes russes. Les pilotes risquent au moins d'être abattus.(...) Sanctionnez chacun d'entre eux", a exhorté Dmytro Kouleba dans un message posté sur Twitter.

"Bloquez toute la propagande russe toxique et ceux qui la soutiennent", a-t-il encore demandé, déplorant que "les têtes parlantes dorment en sécurité, puis prennent l'antenne et appellent à des frappes nucléaires ou à l'invasion des membres de l'Otan".

Depuis l'invasion de l'Ukraine, les pays occidentaux ont infligé des sanctions à de nombreux responsables russes, dont la patronne de la chaîne de télévision publique russe RT, diffusée en langues étrangères, Margarita Simonian.

L'Union européenne a aussi interdit la diffusion des contenus des médias pro-Kremlin Sputnik et RT en anglais, allemand, français et espagnol sur les réseaux de télévision et sur internet.

Un sommet extraordinaire de l'Otan a été convoqué pour jeudi, jour où se tiennent également à Bruxelles un sommet du G7 et un sommet de l'Union européenne.

Le président américain Joe Biden, qui participera à ces trois sommets, a déjà annoncé que les Occidentaux allaient adopter "de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer" celles qui existent déjà.

13h30 : La Russie n'acceptera plus les versements en dollars et euros pour son gaz livré à l'Europe

Vladimir Poutine a annoncé mercredi que la Russie n'acceptera plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l'UE, donnant une semaine aux autorités russes pour mettre en place le nouveau système en roubles.

"J'ai pris la décision de mettre en oeuvre un ensemble de mesures pour passer au paiement en roubles de notre gaz livré aux pays hostiles, et de renoncer dans tous les règlements aux devises qui ont été compromises", a dit le président russe lors d'une réunion gouvernementale, expliquant qu'il s'agissait d'une réaction au gel des actifs de la Russie en Occident.

13h28 : Londres se défend de vouloir rétablir des contrôles avec ses visas pour l'UE

Le gouvernement britannique s'est défendu mercredi de vouloir établir des contrôles à la frontière entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord dans le cadre des nouvelles exigences en matière de visas prévues à la suite du Brexit. Un texte actuellement étudié au Parlement britannique prévoit que les citoyens de l'UE non irlandais devront demander une autorisation de voyage électronique (ETA) en ligne avant d'entrer au Royaume-Uni, y compris lorsqu'ils franchissent la frontière avec l'Irlande du Nord.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a tweeté mardi soir qu'il était "regrettable" que les députés britanniques aient rejeté un amendement visant à exempter l'Irlande du Nord.

Les préoccupations de Dublin à ce sujet ont été "communiquées clairement mais ont été ignorées", a-t-il ajouté.

L'accord existant sur la zone de voyage commune - Common Travel Area - entre le Royaume-Uni et l'Irlande donne le droit aux citoyens de voyager librement entre les deux pays. Et le sujet de la frontière est très sensible, tout retour de contrôles risquant de fragiliser la paix en Irlande du Nord.

Répondant à M. Coveney mercredi, le ministre britannique pour l'Irlande du Nord, Brandon Lewis, a déclaré qu'"il n'y aura aucun contrôle à la frontière".

"Cette nouvelle exigence d'ETA vise à protéger la zone de voyage commune contre les abus. Notre engagement envers la zone de voyage commune est absolu", a-t-il ajouté.

Ce désaccord sur les visas s'inscrit dans un contexte de frictions persistantes entre Dublin, Londres et Bruxelles concernant les arrangements post-Brexit et l'épineuse question de la frontière entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande.

Le texte de loi britannique fait partie d'un ensemble de lois controversées visant à modifier la législation sur l'immigration après le départ de l'Union européenne.

Un porte-parole de l'ONG nord-irlandaise, the Committee on the Administration of Justice a déclaré à l'AFP que les citoyens de l'UE traversant la frontière régulièrement pourraient "encourir jusqu'à quatre ans de prison pour avoir franchi une frontière invisible".

"Il semble que tout cela soit fondé sur la rhétorique politique plutôt que sur une formule se basant sur des preuves", a-t-il ajouté.

13h21: Déployer des forces de l'Otan en Ukraine entraînerait un affrontement, prévient la Russie

Le déploiement de forces de maintien de la paix de l'Otan en Ukraine entraînerait un affrontement direct entre l'Alliance transatlantique et l'armée russe, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, alors qu'il s'adressait à un public de l'université de sciences politiques MGIMO à Moscou. "Nos homologues polonais ont affirmé qu'une décision concernant l'envoi de forces de maintien de la paix devrait être prise lors du sommet de l'Otan. J'espère qu'ils comprennent les conséquences que cela entraînerait. Il s'ensuivrait un affrontement direct entre les forces russes et celles de l'Otan, ce que toutes les parties ont estimé inacceptable", selon le chef de la diplomatie russe.

M. Lavrov a jugé que la proposition de la Pologne d'envoyer des soldats en Ukraine pourrait dissimuler l'intention de créer un quartier général à Lviv, une ville de l'ouest de l'Ukraine, pour y installer des troupes.

"Des spéculations circulent sur l'intention des Pays baltes d'envoyer quelques bataillons en Ukraine", a ajouté M. Lavrov.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a fait valoir que l'Ukraine avait le droit d'autoriser l'accès à son territoire à qui elle le souhaitait, y compris aux soldats de l'Otan. Il a ensuite soutenu que la Russie n'oserait pas attaquer l'Alliance.

13h16: La Commission propose 3,4 milliards de plus pour l'accueil des réfugiés

La Commission européenne a proposé mercredi d'augmenter de 3,4 milliards d'euros les avances disponibles de son instrument de relance post-covid à la cohésion territoriale (REACT-EU), afin de soutenir les États membres qui accueillent des personnes fuyant la guerre en Ukraine. Plus de 3 millions de personnes sont déjà dans ce cas, et leur nombre croît de jour en jour. Les pays qui bénéficieront le plus de ces moyens supplémentaires sont les plus exposés, comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie.

La proposition doit encore être approuvée par les États membres (Conseil) et le Parlement européen.

Depuis le début du conflit en Ukraine en 2014, l'UE et ses États membres ont déjà fourni un milliard d'euros d'aide humanitaire et de relance à l'Ukraine. En outre, quelque 10 milliards d'euros provenant des fonds pour 2022 de REACT-EU sont immédiatement disponibles et peuvent aussi servir à financer des actions visant à soutenir les personnes fuyant l'Ukraine.

12h20: Négociations "difficiles" avec Moscou, Kiev a des positions "de principe"

Les pourparlers russo-ukrainiens sont "difficiles" car "la partie ukrainienne a des positions claires et de principe", a déclaré mercredi Mykhaïlo Podoliak, négociateur en chef côté ukrainien.

Il a souligné que les pourparlers, qui ont repris le 14 mars, continuaient "en permanence, en ligne". Un peu plus tôt, Moscou avait accusé les Etats-Unis d'entraver les "difficiles négociations" avec Kiev, et accusé les Ukrainiens de "changer constamment de position".

12h11: Les civils toujours piégés à Marioupol, Kiev demande des armes offensives

Environ 100.000 personnes sont toujours bloquées sous les bombes russes dans Marioupol assiégée, et l'Ukraine a exhorté à nouveau l'Occident à lui fournir des armes offensives, à la veille d'un sommet extraordinaire de l'Otan à Bruxelles.

Près d'un mois après le début de l'invasion russe, Moscou a accusé mercredi les Etats-Unis d'entraver les "difficiles" pourparlers russo-ukrainiens. La Russie avait ignoré lundi la proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine pour dégager des "compromis", y compris sur les territoires occupés de la Crimée (sud) et du Donbass (est).

En attendant une éventuelle percée dans les négociations, "près de 100.000 personnes dans des conditions inhumaines" sont toujours piégées dans les ruines de la grande ville de Marioupol (sud), "en état de siège total, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sous des bombardements constants", a alerté M. Zelensky dans une vidéo publiée mercredi à l'aube.

12h01 : La Pologne expulse 45 diplomates russes pour espionnage

La Pologne expulse "45 espions russes se faisant passer pour des diplomates", a annoncé le ministre polonais de l'Intérieur Mariusz Kaminski.

"De façon totalement cohérente et déterminée, nous démantelons le réseau des services spéciaux russes dans notre pays", a-t-il précisé sur Twitter.

11h30 : La Russie et l'Ukraine ont échangé des prisonniers à deux reprises

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué mercredi que deux échanges de prisonniers russo-ukrainiens ont été organisés depuis l'entrée des forces de Moscou en Ukraine, sans préciser leurs dates ni le nombre de détenus concernés. "Le ministère de la Défense de la Russie organise quotidiennement des couloirs humanitaires et l'évacuation de civils de localités. De plus, deux échanges de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine ont eu lieu", a indiqué sans plus de précisions le ministère dans un communiqué dénonçant les prises de positions de l'UE à l'égard de Moscou et de son offensive militaire chez son voisin.

Lundi, Tatiana Moskalkova, la déléguée aux droits humains auprès du Kremlin, avait évoqué un échange en Ukraine de neuf prisonniers russes contre Ivan Fedorov, le maire de Melitopol, une ville ukrainienne conquise par Moscou.

11h22: Zelensky appelle à de profondes réformes de l'ONU devant le Parlement japonais

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé mercredi à de profondes réformes des instances de l'ONU, en soulignant qu'elles n'avaient pas empêché la Russie d'envahir l'Ukraine. Prenant la parole via la vidéo-conférence devant le Parlement japonais, M. Zelensky s'est félicité que le Japon soit "la première nation en Asie à avoir fait pression" sur la Russie.

"Je vous demande de continuer à imposer des sanctions", a-t-il dit, alors que Tokyo s'est départi de sa prudence habituelle en se joignant très vite aux mesures punitives des Occidentaux contre Moscou.

"Ni les Nations unies, ni le Conseil de sécurité n'ont fonctionné. Des réformes sont requises", a lancé le dirigeant ukrainien.

"Nous avons besoin d'un outil pour assurer de manière préemptive la sécurité mondiale. Les organisations internationales existantes ne fonctionnent pas dans ce but. Nous devons donc développer un nouvel outil préemptif qui puisse réellement arrêter les invasions", a-t-il assuré.

11h12: Plus de 3,7 millions de personnes ont quitté Ukraine

Plus de 3,7 millions de personnes ont quitté l'Ukraine ces dernières semaines. Parmi elles, plus de 2,1 millions ont rejoint la Pologne depuis le début de la guerre, a affirmé mercredi à Genève le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Près de 560.000 se sont rendues en Roumanie, plus de 370.000 en Moldavie, près de 330.000 en Hongrie et plus de 250.000 en Slovaquie comme en Russie. A ce total s'ajoutent plus de 100.000 personnes qui ont fui les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk vers la Russie dans les jours précédant l'offensive.

Dans des estimations préliminaires, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait affirmé mardi qu'environ 500.000 réfugiés sont atteints de troubles de santé mentale en raison des violences. Parmi eux, au moins 30.000 sont gravement affectés. Les réfugiés arrivent aussi avec de nombreuses pathologies, insiste également l'organisation.

10h35: Bombardement russe sur un quartier résidentiel de Kiev

Un quartier résidentiel du nord-ouest de Kiev a été la cible mercredi matin d'un bombardement russe qui a fait quatre blessés légers et endommagé plusieurs habitations, a-t-on appris de sources concordantes. Des tirs d'artillerie se sont abattus en début de matinée sur le quartier Nyvky, dans la partie de la capitale urkainienne la plus proche de la ligne de front à environ cinq kilomètres, a constaté l'AFP.

Une maison a été totalement détruite et incendiée, plusieurs immeubles ont été grêlés de schrapnels et leurs vitres soufflées, a-t-on constaté.

Des vitrines de commerces voisins ont été également brisées et des arbres de ce quartier résidentiel décapités.

La frappe a blessé quatre personnes, selon un communiqué de l'administration de la ville de Kiev.

10h14: Kiev appelle les Occidentaux à livrer "des armes offensives"

Le chef de cabinet du président ukrainien a appelé les Occidentaux à livrer "des armes offensives", un "moyen de dissuasion" face à Moscou, avant un sommet extraordinaire de l'Otan consacré à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et auquel Volodymyr Zelensky s'adressera par visioconférence.

"Nos forces armées et nos citoyens tiennent bon avec un courage surhumain, mais on ne peut pas gagner une guerre sans armes offensives, sans missiles à moyenne portée, qui peuvent être un moyen de dissuasion", a plaidé Andriy Yermak, dans une vidéo publiée mardi soir sur Telegram.

09h51: Moscou accuse les Etats-Unis d'entraver les "difficiles" négociations russo-ukrainiennes

Moscou a accusé mercredi les Etats-Unis d'entraver les "difficiles" négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de "dominer" l'ordre mondial, y compris par le bais des sanctions.

"Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l'impression que nos collègues américains les tiennent par la main", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans un discours devant des étudiants.

09h50: 45 diplomates russes soupçonnés d'espionnage en Pologne

Les services de contre-espionnage polonais ABW ont annoncé mercredi avoir identifié 45 diplomates russes soupçonnés d'espionnage.

"L'agence de sécurité interne a dressé une liste de 45 personnes travaillant en Pologne sous couvert d'activités diplomatiques (...) qui mènent de fait une activité d'espionnage dirigée contre la Pologne", a déclaré à la presse Stanislaw Zaryn, porte-parole d'ABW.

09h28: L'offensive russe "s'enlise", estime Olaf Scholz

L'offensive russe en Ukraine "s'enlise malgré toutes les destructions qu'elle provoque jour après jour", a estimé mercredi Olaf Scholz.

La "vérité est que la guerre détruit l'Ukraine mais qu'en faisant la guerre, (Vladimir) Poutine détruit aussi l'avenir de la Russie", a ajouté devant le Bundestag le chancelier allemand, assurant que Kiev pouvait "compter sur l'aide" de l'Allemagne.

04h44: Zelensky qualifie les pourparlers de paix avec la Russie de "très difficiles"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky qualifie les pourparlers de paix avec la Russie de "très difficiles", dans un message vidéo publié mercredi à l'aube. Les discussions "sont très difficiles, parfois scandaleuses, mais nous avançons pas à pas", a affirmé le dirigeant, précisant que les négociateurs ukrainiens parlementent tous les jours.

"Nous allons travailler, nous allons lutter. Jusqu'à la fin. Courageusement et ouvertement", a poursuivi M. Zelensky dans sa vidéo.

Il remercie en outre la communauté internationale pour le soutien apporté à son pays. Il dit espérer que les rencontres à très haut niveau qui auront lieu dans les prochains jours à Bruxelles, le président américain Joen Biden participant à des réunions de l'Otan et de l'UE, mèneront à davantage d'appui encore. Il s'attend donc à de nouvelles sanctions contre la Russie et de nouvelles formes d'aide.

04h34: 100.000 personnes toujours bloquées dans "l'enfer glacial" de Marioupol

Environ 100.000 personnes sont encore bloquées sous les bombes russes dans Marioupol assiégée, près d'un mois après le début de l'invasion de l'Ukraine par les forces russes, qui ne contrôlent qu'une grande ville mais en bombardent toujours plusieurs. La proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine pour dégager des "compromis", y compris sur les territoires occupés de la Crimée et du Donbass, est restée lettre morte mardi, les Russes espérant un processus de négociations "plus énergique, plus substantiel", selon Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.

En attendant l'éventuelle amorce d'un cessez-le-feu, "près de 100.000 personnes dans des conditions inhumaines" sont piégées dans les ruines de Marioupol, "en état de siège total, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sous des bombardements constants", a alerté M. Zelensky dans une vidéo publiée mercredi à l'aube. Des habitants ayant fui Marioupol ont décrit à l'ONG Human Rights Watch "un enfer glacial, avec des rues jonchées de cadavres et de décombres d'immeubles détruits".

Marioupol, ville portuaire majoritairement russophone et stratégiquement située entre la Crimée (sud), occupée par Moscou depuis 2014, et le territoire séparatiste de Donetsk (est), est bombardée depuis des semaines par les Russes. Elle a été visée mardi par deux "bombes superpuissantes", selon la municipalité, qui n'a pas donné de bilan.

02h42: Des combats signalés dans la ville de Kharkiv

Les forces armées ukrainiennes assurent avoir repoussé une attaque menée par l'armée russe dans la ville de Kharkiv, à l'est du pays. Des hélicoptères de combat russes ont été déployés mardi soir, selon le média ukrainien Ukrayinska Pravda, citant le chef régional de la Défense. "Nos troupes maintiennent leurs positions", a affirmé M. Oleg Sinegoubov. Selon lui encore, la situation dans la ville assiégée d'Izyum, à une centaine de kilomètres de là, était difficile. Aucune connexion n'était établie avec la ville mardi soir.

Tous les efforts pour établir un couloir humanitaire ont été rejetés par la partie russe, a encore ajouté ce responsable ukrainien.

Ces informations, rapportées par l'agence de presse dpa, ne pouvaient pas être vérifiées de manière indépendante.

01h04: Le président ukrainien invite le pape à devenir médiateur entre Kiev et Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité mardi le pape François à jouer le rôle de médiateur dans les négociations entre Kiev et Moscou, qui a lancé fin février une guerre contre l'Ukraine. "On apprécierait le rôle médiateur du Saint-Siège pour mettre fin à la souffrance humaine" en Ukraine, a écrit M. Zelensky sur Twitter à l'issue d'un entretien téléphonique avec le pape, alors que le Kremlin a jugé peu avant que les pourparlers en cours avec Kiev n'étaient pas assez "substantiels".

Le président ukrainien a encore déclaré avoir informé "sa Sainteté de la situation humanitaire difficile et du blocage des couloirs humanitaires par les troupes russes", tout en le remerciant pour ses "prières pour l'Ukraine et la paix".

M. Zelensky a "demandé (au pape) de venir dans notre pays dans ce moment très important", a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée dans la nuit de mardi à mercredi. "Et je crois que nous pouvons organiser cette visite importante qui apporte un soutien significatif à chacun d'entre nous, chaque Ukrainien".

01h01: L'opposition bélarusse appelle à des sanctions contre Loukachenko

Pavel Latouchko, figure de l'opposition bélarusse, a appelé mercredi à des sanctions contre le Bélarus aussi dures que celle visant la Russie et à des poursuites judiciaires contre son président Alexandre Loukachenko, "complice" de Vladimir Poutine dans l'invasion de l'Ukraine. Le président russe "Poutine a été condamné à juste titre partout dans le monde. Mais Loukachenko mérite un opprobre bien plus généralisé qu'il n'a eu jusqu'à présent", écrit M. Latouchko dans l'hebdomadaire britannique The New European.

Cet ancien ministre de la Culture, qui vit en exil à Varsovie après son limogeage pour avoir appelé publiquement à de nouvelles élections au Bélarus en 2020, a estimé que le président bélarusse était "complice" dans la guerre en Ukraine, en ayant permis à la Russie d'utiliser son territoire pour l'invasion.

"Il a beau être le pion de Poutine, un dirigeant fantoche dans un Etat fantoche, c'est aussi un acteur majeur dans cette situation horrible, et il est temps que l'Occident s'en rende compte et agisse en conséquence", poursuit-il, demandant que soient infligées à la Biélorussie "les mêmes sanctions" que celles visant des intérêts russes.

00h42: L'opération en Ukraine se déroule comme prévu, assure le Kremlin

Un porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé au média américain CNN que l'opération militaire russe en Ukraine se déroulait "strictement selon les plans". M. Peskov a déclaré mardi que le président russe Vladimir Poutine n'avait "pas encore" atteint son objectif en Ukraine "mais que les choses se déroulaient comme prévu. La Russie décrit l'invasion de l'Ukraine comme "une opération spéciale". "C'est une opération sérieuse avec des buts sérieux", a assuré M. Peskov en anglais, ajoutant que Moscou visait à éliminer le potentiel militaire de l'Ukraine.

Le porte-parole a réitéré le fait que l'armée russe ne vise que des cibles militaires et non civiles, tout en blâmant des "régiments nationalistes qui non seulement tentent de se protéger derrière des boucliers humains, ouvrant donc la voie à des victimes civiles".

Parmi les objectifs du Kremlin, le porte-parole avance que la Russie souhaite que l'Ukraine reconnaisse la Crimée comme "une partie inattaquable de la Russie et que les républiques auto-proclamées de Donetsk et Lougansk sont déjà des Etats indépendants".

Le gouvernement américain et l'Ukraine assurent depuis plusieurs jours que les forces armées russes ont été ralenties par des difficultés logistiques majeures et font peu de progrès, en particulier au nord et à l'est du pays.