La lutte contre les déchets plastiques pourrait-elle prendre un nouveau tournant ? C'est l'espoir de ces scientifiques de l'université d'Edimbourg qui, grâce à leurs recherches, ont fait une découverte étonnante. Selon eux, il est possible d'obtenir un arôme de vanille en combinant des déchets plastiques et la bactérie E. coli, connue pour provoquer des intoxications alimentaires.

Pour cette étude, les scientifiques sont partis d'un constat simple : selon certaines estimations, le monde produit près de 400 millions de tonnes de déchets plastiques par an. Un chiffre devrait doubler d'ici 2034. Pire encore : même lorsque les déchets plastiques sont recyclés, ceux-ci sont transformés en produits de "deuxième génération", qui finissent par redevenir des déchets plastiques.

Une première

Pour trouver une autre alternative, les chercheurs ont utilisé des bactéries E. coli fabriquées en laboratoire pour transformer de l'acide téréphtalique (une molécule dérivée du plastique). Grâce à une série de réactions chimiques, ils ont pu obtenir de la vanilline, un composant utilisé pour parfumer et aromatiser les aliments et cosmétiques. Selon l'équipe de l'université d'Edimbourg, plus de 37 000 tonnes de cette substance ont été utilisées par les industriels en 2018.

Selon les chercheurs, transformer ainsi du plastique usagé en un produit utile est une nouveauté. "C'est le premier exemple d'utilisation d'un système biologique pour recycler des déchets plastiques en un produit chimique industriel précieux, ce qui a des implications très intéressantes pour l'économie circulaire", a déclaré Joanna Sadler, membre de l'école des sciences biologiques de l'université d'Édimbourg, dans un communiqué.

"Nos travaux remettent en question la perception du plastique comme un déchet problématique et démontrent au contraire son utilisation comme une nouvelle ressource de carbone à partir de laquelle des produits de grande valeur peuvent être obtenus", a ajouté Stephen Wallace, l'un des chercheurs. 

Des tests supplémentaires doivent avoir lieu afin de vérifier que la vanilline produite par les chercheurs est sans danger pour la consommation humaine. Selon le site IFLScience, les chercheurs sont optimistes à ce sujet.