"Une attaque terroriste au moyen d'un engin artisanal s'est produite sur le marché d'al-Woheilat et a fait des morts", a indiqué le ministère de l'Intérieur sans fournir de bilan global.

Au moins 18 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, selon un haut responsable sécuritaire, tandis qu'une source médicale a fait état de 23 morts et d'une trentaine de blessés.

L'explosion s'est produite en fin d'après-midi sur un des marchés populaires de Sadr City, immense quartier chiite déshéritée de l'est de Bagdad, où de nombreuses personnes se pressaient pour faire des courses à la veille de la fête musulmane du Sacrifice.

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, et une enquête a été ouverte par le commandement opérationnel des forces de sécurité de Bagdad.

Des vidéos postées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de panique et de chaos, des femmes et enfants s'enfuyant en criant, des étals ravagés et des commerçants sidérés.

De nombreux membres des forces de sécurité ont été dépêchés sur place et les blessés ont été évacués à l'hôpital.

Le ministère de la Santé a indiqué mobiliser des moyens pour venir en aide aux victimes.

Premier attentat depuis des mois

Il s'agit du premier attentat à Bagdad depuis janvier, où 32 personnes avaient été tuées sur un marché du centre de Bagdad. Un premier homme avait déclenché sa ceinture explosive et un deuxième avait fait détoner ses explosifs alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes.

L'attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

En mai, quatre attaques non revendiquées mais attribuées à l'EI avaient visé des militaires irakiens dans des villes proches de la capitale, faisant 18 morts.

L'EI, qui a contrôlé de vastes portions du territoire irakien entre 2014 et 2017, a été défait par les troupes irakiennes appuyées par une coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis.

Des cellules de cette organisation sont cependant toujours présentes dans le pays notamment dans les zones montagneuses et désertiques, et revendiquent des attaques ponctuelles.

Quelque 3.500 soldats étrangers sont toujours stationnés en Irak, dont 2.500 Américains.

Sadr City, proche banlieue populaire de Bagdad, est le fief des partisans du turbulent leader chiite Moqtada al-Sadr, dont l'influence est souvent déterminante dans la politique irakienne.

Il y a quelques jours, Moqtada al-Sadr a annoncé qu'il entendait boycotter les élections législatives prévues en octobre dans un pays miné par la gabegie et la défaillance des pouvoirs publics.