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Jelle Veyt, un alpiniste flamand, était présent dans la région de l'Himalaya et a filmé l'avalanche consécutive au tremblement de terre alors qu'il participait à une ascension de l'Everest.

Contacté par nos soins, le jeune homme de 29 ans a confié qu'il n'était pas blessé et qu'il avait trouvé refuge à l'Everest Basecamp où s'activent les secours. Alors qu'il escaladait, l'avalanche s'est déclenchée et là, c'était la panique.

"J'ai couru pour survivre J'ai vraiment eu très peur et tout à coup, je ne pouvais plus rien voir et encore moins respirer", explique-t-il. Voici ses images qui font froid dans le dos... 

Heureusement, ni lui, ni aucun autre membre de son groupe avec qui il grimpait n'a été blessé. "Il y a un autre Belge avec moi au camp", déclare-t-il.

Si Jelle se considère comme chanceux, "au vu des très nombreux  blessés croisés sur la zone de secours", il n'envisage pas pour autant de quitter la région. "Certainement pas! J'attends des amis qui devraient nous rejoindre plus tard et seulement alors je déciderai de redescendre ou de rester." 



De nombreux Belges sur place

"La communication avec la région touchée est devenue encore plus difficile" , a aussi déclaré le porte-parole du Service public fédéral belge des Affaires étrangères, Hendrik Van de Velde hier. "À Katmandou, il y a une panne d’électricité. Nous avons d’énormes difficultés pour atteindre notre consul honoraire" , a-t-il précisé.

Une ligne téléphonique (02/501.81.11) a été ouverte, ici en Belgique, afin d’informer au mieux les Belges s’inquiétant de l’état de santé de leurs proches présents au Népal.

La saison touristique venant de débuter, il semble certain que de nombreux Belges étaient présents sur place.

Un autre Belge, dirigeant une ONG aidant les enfants népalais, tente de rejoindre Katmandou

Jean-Christophe Ryckmans, un Belge qui dirige 'CPCS', une association qu'il a fondée en 2002 venant en aide aux enfants des rues du Népal, tente de rejoindre Katmandou. L'homme habite lui-même à Katmandou avec son épouse népalaise et leurs deux enfants mais se trouvait en vacances avec sa famille en Belgique lors du séisme. Leur maison a été à moitié détruite. Le directeur général de CPCS se dit inquiet de la situation au Népal pour les jours prochains. Son association, Child Protection Centers and Services, dispose d'une trentaine de centres. A Katmandou, trois des six centres de l'ONG ont dû fermer. Sur la centaine de personnes employées au Népal par CPCS, une quarantaine n'ont pas donné signe de vie depuis le séisme. L'ONG emploie sur place cinq expatriés dont trois volontaires belges. Elle vient en aide à environ un milliers d'enfants en situation précaire. Plusieurs centres de l'ONG ont subi d'importants dégâts. Selon les informations dont dispose Jean-Christophe Ryckmans, personne n'a été enseveli sous les décombres d'un des centres de son association. A Katmandou, des enfants ont été transférés de trois centres de l'ONG vers les trois autres lieux d'accueil de CPCS.

Si la situation à Katmandou est critique, le directeur général de CPCS se dit également préoccupé par le sort des habitants d'autres régions. Ainsi, l'ONG disposait de trois bâtiments à Dolakha, à 120 kilomètres de Katmandou, qui devaient accueillir prochainement des enfants mais qui ont été complètement détruits par le séisme.

Jean-Christophe Ryckmans souligne les difficultés pour assurer l'aide à la population sinistrée. L'aide est assurée de préférence par voie aérienne, depuis notamment l'Inde. A Katmandou, les deux voies d'accès par route sont impraticables, selon lui. Des villages risquent d'être isolés du monde, met-il en garde. Il craint par ailleurs que la priorité soit accordée au rapatriement des touristes et expatriés et non à la population locale.

"Il n'y a plus d'électricité et la tâche est difficile quand le soleil tombe", explique-t-il. Il redoute les pillages. Si les centres de l'association disposent encore de provisions alimentaires pour les jours prochains, le directeur général précise qu'ils accueillent aussi depuis le séisme des victimes du sinistre.

Pour le directeur général de CPCS, le Népal manque actuellement principalement de médicaments, d'eau potable, de vivres, de tentes et de couvertures. Il souligne aussi que la population au Népal vit dans des habitations de fortune et que celles qui semblent avoir résisté au séisme ne sont plus habitables.

Pour Jean-Christophe Ryckmans qui a découvert le Népal il y a dix-huit ans, l'arrivée d'un tel séisme était attendu dans la région d'ici quinze ans. "Il y a régulièrement de légers tremblements de terre. C'est comme une piqûre de rappel mais aucune mesure n'a été prise sérieusement", relève-t-il. Il souligne toutefois l'extrême pauvreté à laquelle est confrontée la population.

L'ONG aide les enfants des rues du Népal, déboussolés dans les villes après avoir quitté leur village et famille. Elle apporte un soutien aux jeunes victimes d'abus physiques ou sexuels ou confrontés à la drogue et à la délinquance. Elle joue aussi un rôle de prévention, auprès du grand public et des familles ou via un soutien éducatif.