L'élu de 69 ans, membre du parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson et ardent brexiter, a été poignardé à plusieurs reprises dans l'église méthodiste dans laquelle il recevait ses administrés à Leigh-on-Sea, à environ 60 km à l'Est de Londres.

La police locale n'a pas nommé la victime, mais a annoncé en début d'après-midi que cet homme était mort. "Il a été soigné par les services d'urgence, mais malheureusement est décédé sur place", a-t-elle indiqué, ajoutant qu'un homme de 25 ans avait été arrêté, soupçonné de meurtre.

Elle a souligné qu'elle ne recherchait "personne d'autre" après l'arrestation, et qu'un couteau avait été retrouvé sur place.

Les faits se sont déroulés peu après midi (11H00 GMT) a précisé la police, à une adresse correspondant à l'église méthodiste où l'élu avait annoncé qu'il tiendrait sa permanence.

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"Incroyable générosité"

Les réactions politiques ont immédiatement afflué, dans un pays traumatisé par l'assassinat en pleine rue en 2016 de la députée europhile Jo Cox, une semaine avant le référendum sur le Brexit par un sympathisant néo-nazi.

Le vice-Premier ministre Dominic Raab a rendu hommage à un "formidable militant avec un grand coeur et une incroyable générosité d'esprit, y compris envers ceux avec qui il était en désaccord". "Repose en paix mon ami".

"Effondrée d'apprendre la nouvelle", a tweeté la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, "c'était un homme adorable, adorable et un magnifique parlementaire".

"Le pire aspect de la violence est son inhumanité", a réagi le ministre des Finances Rishi Sunak, "aujourd'hui elle a pris un père, un époux et un collègue respecté".

"Horrible, tragique nouvelle", a aussi réagi sur Twitter le ministre des Transports Grant Shapps, saluant un "vrai parlementaire qui a perdu la vie en servant les administrés pour qui il a travaillé sans relâche tout au long de sa carrière".

Si le Premier ministre Boris Johnson ne s'est pas encore exprimé, son épouse Carrie s'est dite "effondrée" et a rendu hommage à un homme "immensément gentil et bon".

Se joignant à ces hommages envers un homme "adorable", "dévoué à sa famille, au Parlement et à sa circonscription", le "speaker" de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a annoncé un examen "dans les jours qui viennent" des mesures de sécurité autour des parlementaires.

La sécurité en question

La fondation Jo Cox, du nom de la parlementaire assassinée, s'est dite "horrifiée d'apprendre l'agression du député David Amess", lui adressant ses pensées ainsi qu'à ses proches sur Twitter.

Joint par l'AFP, Paul Gardiner, un barbier coiffeur de 41 ans dont le salon se trouve à 250 mètres de l'église, a raconté avoir vu un important dispositif policier et une ambulance sur place, ainsi que des hélicoptères.

"Je me rendais à mon travail en voiture, je me suis garé vers 12H30 et il y avait pas mal de policiers, j'ai vu un officier avec une arme".

En 2010, le député travailliste Stephen Timms avait été poignardé à plusieurs reprises, mais a fini par guérir de blessures qui auraient pu lui coûter la vie. Sur Twitter, le député s'est dit "horrifié" par le meurtre David Amess.

En janvier 2000, le député (libéraux-démocrate) Nigel Jones avait été blessé et son assistant tué par un homme muni d'un sabre lors d'une permanence parlementaire à Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre.

L'ancien chef du parti conservateur, Iain Duncan Smith, a exprimé son inquiétude quant à la sécurité de ces permanences parlementaires.

"Quand vous n'êtes pas dans votre bureau, et que vous êtes dans un lieu public, cela signifie que les mesures de sécurité qu'on vous recommande de prendre ne peuvent pas être prises", a-t-il tweeté.

Le député conservateur britannique David Amess
Le député conservateur britannique David Amess © AP