{ Avant de vous immerger dans la partition qui vous est donnée à lire, il vous est conseillé de recréer l’atmosphère musicale propice à vous faire voyager au travers de cette histoire. Les symphonies de "Mathias Piano Man" sont accessibles via son compte Soundcloud. "If butter flies", "On a feeling", Inspire, "Rising Sun", "In my world", pour ne citer que ces titres, vous feront voyager au rythme de ces lignes. }

L’histoire de "Mathias Piano Man" prend racine à Queenstown, une ville d’environ 14 000 habitants située au sud de l’île méridionale de la Nouvelle-Zélande. Reconnue pour être la destination internationale numéro une pour les sports d’aventure et les activités de plein air, le cœur de la ville bat au rythme du tourisme. Les voyageurs s’y rendent principalement pour y pratiquer le saut à l’élastique, le ski, la randonnée, le VTT, le parapente, etc.

Construite sur la rive du lac Wakatipu et entourée par de majestueuses montagnes, la ville est un véritable coin de paradis dont Mathias Lefebvre, Tournaisien d’origine, est tombé littéralement sous le charme.

Son parcours à lui est tout aussi magique que la bourgade qu’il habite depuis plus de six ans maintenant. A la fin de ses études, Mathias décide de prendre la poudre d’escampette pour réaliser ce qu’il a toujours eu au fond de ses tripes : voyager. Il se dirige tout d’abord vers les Philippines avant de rejoindre l’Indonésie puis l’Australie, pour enfin rallier la Nouvelle-Zélande en 2009. "Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours ressenti une insatiable soif de voyages. Mes parents voulaient que je favorise mes études et ma réussite professionnelle. Je suis donc allé au bout de mes études avant de filer, avec un simple billet aller, sans retour et sans beaucoup de moyens, aux Philippines. C’est là que mon voyage personnel a véritablement débuté."


L’avènement du pianiste en sommeil

A son arrivée au pays des kiwis, Mathias Lefebvre entame sa mutation. Alors qu’il n’a suivi que six mois de conservatoire en Belgique et a à peine touché au piano que ses parents avaient chez eux, il décide de suivre sa petite musique intérieure. "J’avais toujours rêvé de faire du piano, mais je n’ai jamais été capable de lire une partition ni même de reconnaître ne serait-ce que la moindre note de musique. Je fais tout à l’oreille et au feeling", s’amuse le jeune Tournaisien âgé de bientôt 31 ans.

Sans réfléchir ou presque, le baroudeur décide donc de racheter un piano pour la modique somme de 75 dollars. "Il faut savoir que mon compagnon de route a plus de 100 ans aujourd’hui, d’où son apparence particulière. Il m’a plu directement, autant pour son aspect que pour son prix."

Après un mois de travail intensif, à se briser les doigts sur les touches blanches et noires de son instrument, Mathias débouche enfin sur quelques sonorités intéressantes et, au bout du chemin, sur ses premiers morceaux. Il équipe alors son piano de roulettes pour avoir la possibilité de le transporter au gré de ses envies et dans l’objectif de jouer sa musique aux endroits qu’il aura méticuleusement repérés.

© Lefebvre

Par chance, Queenstown regorge de lieux où le panorama est à couper le souffle et où les touristes abondent en nombre. De ce fait, le pianiste décide de se produire à la sauvette, à cinq minutes à peine de l’endroit où il vit désormais avec sa famille. "Je joue essentiellement au même endroit, à Marine Parade, même si je me produis occasionnellement devant d’autres paysages néo-zélandais, comme du côté de Gillespies Beach, du Fox Glaxier ou de Wanaka", précise l’artiste.

Devant des paysages sans pareils, Mathias s’adonne à de longs enchaînements lyriques en faisant glisser ses doigts sur les touches. Tel un funambule tentant de garder l’équilibre sur un fil, ses doigts vacillent d’un bout à l’autre de son piano, sans fausse note, tout en accords avec la beauté de la nature qui s’offre à lui. Toujours dos à son public lorsqu’il joue, le Tournaisien profite de ces instants privilégiés où le temps semble se figer pour l’éternité.

© Facebook

Une première tournée à venir

A coups de sonorités soigneusement choisies, qui rappellent inévitablement le travail de Yann Tiersen, Max Richter ou encore Thomas Newman, Mathias Lefebvre parvient à créer une atmosphère propice au lâcher-prise. "Certaines personnes s’embrassent, d’autres pleurent, dansent ou méditent en regardant l’horizon, au loin. A la fin d’une session, des adultes viennent me prendre dans leurs bras et me remercient. Il arrive aussi que des passants demandent à se servir de mon instrument. Je les laisse faire et cela peut amener à des bœufs très sympathiques. Je me rappelle qu’un enfant avait épaté tout son monde en jouant de manière totalement improvisée, c’était incroyable", raconte-t-il, une lueur de bonheur au fond des yeux.

© Smernic

Pourtant, contrairement à ce que la majorité de son public pense, l’artiste ne puise pas son inspiration dans les paysages face auxquels il se donne en concert. "C’est toujours plus agréable, mais en toute honnêteté je compose majoritairement chez moi et je peux aussi bien jouer dans une cave que devant un magnifique panorama."

Preuve à l’appui, l’artiste a décidé de réaliser sa première tournée indoor courant du mois d’avril 2016. "Je vais jouer un peu partout sur l’île du sud. Si ça marche, pourquoi ne pas poursuivre ? Même si à l’heure actuelle je pourrais me contenter de vivre grâce à la simple vente de mes six albums, à 20 dollars l’unité. En sachant que je peux aussi bien en vendre 4 comme 40 en une journée de travail, cela peut s’avérer extrêmement rentable."

C’est la raison pour laquelle Mathias se contente de prester uniquement les mois d’été, de décembre à février, période à laquelle les touristes affluent sur Queenstown. Le reste de son temps, le globetrotter le consacre à la composition, à sa vie familiale ainsi qu’à la poursuite de sa découverte du pays des hobbits. Une philosophie de vie en accord avec les rêves de bon nombre d’utopistes.



La Nouvelle-Zélande par 3

Située à 24 heures de vol de Bruxelles au minimum, la Nouvelle-Zélande est parfois délaissée au profit de destinations moins lointaines. L’élevage ovin (moutons), et ses produits dérivés, fait office de pilier économique principal. Les trois quarts de la population sont concentrés sur l’île du Nord où ont été bâties les deux Capitales du pays, à savoir Wellington (Capitale administrative) et Auckland (Capitale économique).