Appelé dans dix semaines à tirer sa révérence, Bill Clinton gardera une place bien particulière dans l'Histoire des Etats-Unis.

Les scandales, bien entendu, ont jalonné cette présidence qui s'est rapidement cassé les dents sur le dossier qui aurait dû donner le ton des années Clinton.

Las! incapable de faire passer la cruciale réforme de la santé, l'hôte de la Maison-Blanche s'est laissé glisser vers le centre de l'échiquier politique, bien plus sûr que les eaux libérales dans lesquelles il s'était dans un premier temps aventuré.

Ce recentrage lui a incontestablement réussi, Bill Clinton parvenant à reprendre la main malgré le couac du raz de marée républicain de novembre 1994.

Son aisance, son charisme et une économie qui aura la bonne idée de décoller durant sa présidence lui permettront de passer à travers toutes les affaires qui ont plombé les années Clinton.

Autant l'acharnement républicain dans l'affaire Lewinsky n'était guère à l'honneur des détracteurs de Bill Clinton, autant l'attitude de l'ancien gouverneur de l'Arkansas est à mettre à son débit.

Alors que Ronald Reagan avait un tel respect de l'institution présidentielle qu'il n'osait pas ôter son veston dans le bureau ovale, Bill Clinton eut un comportement totalement indigne de sa charge. Il aurait dû démissionner. Il s'est accroché et reste incroyablement populaire.

Sa présidence laisse pourtant un goût de trop peu. Sans doute a-t-il déployé d'importants efforts sur l'échiquier international afin d'apporter la paix, que ce soit en Irlande du Nord ou au Proche-Orient. Des efforts bien loin, pour l'instant, d'être couronnés de succès éclatants.

Il lui reste quand même deux mois pour rectifier le tir et partir en beauté.