Les civils assiégés des quartiers sous contrôle rebelle "ne quitteront jamais la ville d'Alep", a affirmé mardi un représentant d'une ONG de médecins syriens, estimant que la "pause humanitaire" de huit heures annoncée pour jeudi par les Russes était "ridicule" et "ne changerait rien".

"Est-ce que les Parisiens ont quitté leur ville quand Hitler est entré en France ? Les habitants d'Alep aiment leur ville, leurs maisons, ils ne partiront jamais", a déclaré à la presse le Dr Tammam Loudami, directeur régional chargé du nord de la Syrie au sein de l'UOSSM, une ONG regroupant un réseau de médecins dans ce pays en guerre et à l'étranger.

M. Loudami, qui a quitté Alep en août dernier, faisait partie d'une délégation de responsables civils de cette ville reçue mardi à l'Assemblée nationale française.

La Russie a annoncé mardi un arrêt immédiat des raids des aviations russe et syrienne sur Alep, en signe "de bonne volonté" et pour permettre l'évacuation des civils des quartiers rebelles de cette agglomération syrienne dont des quartiers sont bombardés par les forces du régime et leur allié russe à un rythme intense depuis presque un mois.

Moscou prévoit une "pause humanitaire" de huit heures jeudi pour permettre "la sortie en toute sécurité via six couloirs humanitaires des civils et l'évacuation des malades et des blessés de la partie orientale d'Alep".

"Il y a eu trois cessez-le-feu à Alep depuis le début de l'année. Cela n'a rien donné. Aucun résultat. Nous n'y croyons plus", a rétorqué Abdulrahman Almawwas, vice-président des Casques blancs syriens, les volontaires civils portant secours aux blessés.

"Cela fait plus de 100 jours que nous intervenons sans relâche. Nous avons répondu à 9.764 alertes pour aider ceux qui ont été bombardés. Nous demandons que le droit humanitaire international soit respecté, que les civils soient tenus à l'écart de cette guerre", a ajouté M. Almawwas, dont c'était la première visite en Europe.

"Les citoyens souffrent le martyre. Alep va être anéanti", a lancé de son côté Brita Hagi Hassan, président du conseil local de la ville, au cours d'une audition devant les députés de la Commission des Affaires étrangères. "Le problème, ce n'est pas le siège, ce sont les bombardements", a-t-il répété.