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Le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume a estimé mercredi que le vin n'était "pas un alcool comme les autres", déclenchant l'indignation sur les réseaux sociaux de nombreux médecins spécialistes des addictions. 

"Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres", a déclaré Didier Guillaume sur le plateau de la chaîne BFMTV.

"L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le +binge drinking+ (beuveries alcoolisées pour obtenir une ivresse rapide), etc. C'est dramatique, mais je n'ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit, et qui est saoul, parce qu'il a bu du Côtes-du-rhône", a ajouté le ministre, estimant que les jeunes buvaient plutôt "des mélanges" ou "de l'alcool fort".

Plusieurs réactions de spécialistes ont critiqué ces propos, sur Twitter, à l'image de l'addictologue Michel Reynaud qui a dénoncé "l'aveuglement" du ministre.

"Contrairement à ce que prétend le ministre de l'Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%), selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)", a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) sur Twitter.

Ce discours du ministre "place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l'influence du lobby sur nos politiques", a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions.

"Il faut lutter contre toutes les addictions mais il faut éduquer les Françaises et les Français et la jeunesse au bon, au beau", a ajouté le ministre, avant d'enfoncer le clou: "Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est".

Ces déclarations ont d'autant plus mis le feu aux poudres qu'elles interviennent une semaine après la présentation d'un plan gouvernemental contre les addictions déjà très critiqué par les spécialistes sur l'absence de mesures sur les prix de l'alcool.

En février, Emmanuel Macron avait confié "boire du vin le midi et le soir", et expliqué qu'il n'y aurait pas de durcissement en France de la loi Evin qui restreint la publicité pour les boissons alcoolisées.