Wayne Couzens a comparu par vidéoconférence depuis la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh où il est détenu, lors d'une audience à la cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres. Il a plaidé coupable dans un murmure, la tête baissée.

Pour son avocat, Jim Sturman, Wayne Couzens a formulé un "plaidoyer de culpabilité et des remords pour ce qu'il a fait et, comme il nous l'a dit ce matin, il portera le fardeau pour le reste de sa vie".

Cet agent de l'unité de la police de Londres chargée de la protection des représentations diplomatiques avait plaidé coupable, en juin, de l'enlèvement et du viol de la jeune femme de 33 ans qui avait disparu le 3 mars après avoir quitté à pied le domicile d'amis à Clapham, dans le sud de la capitale.

Ce décès avait provoqué une vive émotion dans le pays. Des milliers de femmes avaient confié sur les réseaux sociaux leur sentiment d'insécurité, témoignant des menaces et harcèlement subis, et appelant les responsables politiques à agir pour y remédier.

"Parfaits inconnus"

Sarah Everard avait été retrouvée morte sept jours après sa disparition dans un bois du Kent (sud-est de l'Angleterre), à quelques mètres d'un terrain appartenant à Wayne Couzens.

Selon le rapport du médecin légiste, sa mort a été causée par une "compression du cou".

Lors de l'audience de vendredi, le juge Fulford a évoqué une "enquête gigantesque qui a aboutit à des résultats très importants pour comprendre ce qui s'est passé". Il a précisé que la peine du policier serait prononcée lors d'une audience prévue sur deux jours à partir du 29 septembre.

Des images de vidéo surveillance ont permis aux enquêteurs d'identifier et d'arrêter le 9 mars Wayne Couzens à son domicile de Deal, dans le Kent.

Une caméra présente dans un bus avait filmé le moment où le policier avait enlevé la jeune femme à Balham, dans le sud de Londres. Le procureur, Tom Little, a précisé vendredi que Wayne Couzens et Sarah Everard étaient de "parfaits inconnus l'un pour l'autre".

Les enquêteurs ont pu retracer l'itinéraire du véhicule conduit par Wayne Couzens jusqu'à Deal et l'ont identifié grâce à l'entreprise avec laquelle il l'avait loué, quelques heures avant l'enlèvement.

Dans les jours ayant suivi le meurtre, le policier a dit souffrir de stress et annoncé qu'il ne voulait plus porter d'arme à feu avant de se déclarer souffrant le 8 mars, la veille de son arrestation.

Lors de son audition, il a dit aux policiers avoir remis Sarah Everard vivante à trois hommes d'Europe de l'Est dans une camionnette sur une aire de repos dans le Kent.

Mais des données téléphoniques ont permis aux enquêteurs de retrouver le corps de la jeune femme dans un grand sac destiné à contenir des gravats, jeté dans un ruisseau.

Le corps a été identifié grâce à ses empreintes dentaires.

Les investigations ont révélé que le jour même où Couzens avait réservé la voiture de location, il avait acheté un rouleau de film adhésif sur internet. Deux jours après la disparition de Sarah Everard, des images de vidéosurveillance le montraient aussi en train d'acheter deux sacs de gravats.

Lors d'une audience précédente, le procureur avait souligné les risques importants de récidive du suspect s'il était libéré sous caution, citant un incident présumé d'exhibitionnisme le 28 février - quelques jours avant le meurtre.

L'IOPC, la police des polices, enquête pour savoir si la police de Londres a répondu de manière appropriée à ce signalement d'exhibitionnisme.

Les forces de l'ordre ont aussi été critiquées pour leur intervention musclée en mars lors d'un hommage à Sarah Everard, rassemblement qui avait été interdit en raison du confinement alors en cours. Des jeunes femmes avaient été maitrisées et menottées, ce qui avait ajouté la colère à l'émotion.

La police londonienne a été mise en cause dans une autre affaire, le meurtre de deux soeurs dans un parc de Wembley (nord-ouest de Londres) le 6 juin 2020. Deux agents ont été inculpés pour faute grave dans l'exercice de leurs fonctions pour s'être pris en photo sur la scène de ce double meurtre et avoir partagé les clichés.