L'agression a été annoncée par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dans un tweet. "Une agression a eu lieu ce matin dans une église de Nice. Le prêtre est blessé. Pas de pronostic vital engagé. Solidarité avec les paroissiens et merci aux forces de l'ordre qui ont interpellé rapidement l'auteur", a-t-il écrit.

Peu avant l'office de 10h00, un homme est entré dans l'église Saint-Pierre-d'Arène, portant "plusieurs coups de couteau au prêtre", a dit à l'AFP Maud Marty, procureure de la République adjointe de Nice, sur le lieu de l'agression.

Le prêtre a été transféré au CHU Pasteur de la ville. Une paroissienne a également été légèrement blessée en tentant de s'interposer, selon la magistrate.

L'agresseur présumé, rapidement interpellé, est en garde à vue.

La victime, le père Krzysztof Rudzinski, d'origine polonaise, installé dans cette paroisse depuis plus de dix ans, épaule habituellement le curé de l'église, a précisé l'autre vicaire, Yves-Marie Lequin, interrogé par la presse. C'est une religieuse qui s'est interposée pour tenter d'arrêter l'agression, a-t-il souligné.

Egalement venu sur place, le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, a précisé que l'agresseur, âgé de 31 ans, avait frappé sa victime avec une lame d'une dizaine de centimètres, le blessant "essentiellement au thorax". La religieuse elle a été légèrement blessée à une main.

Une enquête a été ouverte pour tentative d'homicide volontaire et violences volontaires avec arme et confiée à la police judiciaire de Nice. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a été avisé et la situation était "en cours d'évaluation à leur niveau", avec un retour attendu "dans les prochaines heures", a précisé le procureur.

"Les éléments d'information communiqués à ce stade ne justifient pas notre saisine", a déclaré le Pnat en fin de matinée.

"Les mobiles du passage à l'acte sont à ce jour et à cette heure difficiles à établir", a insisté le procureur, précisant que l'agresseur n'était pas connu sur le plan judiciaire et était suivi psychiatriquement.

De source policière, cet homme, prénommé Kevin, de nationalité française et né à Fréjus (Var, sud-est), est "manifestement bipolaire" et son geste n'aurait "pas de caractère terroriste a priori": "Il a spontanément déclaré aux effectifs de police qu'il était de confession juive et qu'en ce jour d'élection, il voulait tuer Macron et qu'il s'était finalement rabattu sur une église".

Cet homme aurait fait "plusieurs séjours en hôpital psychiatrique,", selon le maire de la ville, Christian Estrosi, également sur place.