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Les critiques sur son rôle dans la libération des infirmières bulgares l'ont blessée

PARIS L'escapade libyenne de Cécilia Sarkozy restera comme le temps fort de la Première Dame de France au cours des quelques mois passés au côté de son président de mari.

Lors de deux visites surprises en Libye, en juillet dernier, Mme Sarkozy avait endossé le rôle, inédit en France, d'émissaire personnel du président dans une négociation internationale de premier plan, suscitant des protestations de l'opposition de gauche.

Tout en se félicitant du dénouement heureux et de la libération des infirmières bulgares, des voix s'étaient offusquées à gauche de ce rôle d'émissaire officieux que Cécilia Sarkozy avait alors endossé. "Je me demande à quoi servent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade qui sont dépossédés de leurs propres compétences constitutionnelles au profit de la femme du président de la République", avait relevé le député socialiste Arnaud Montebourg.

"Le problème est de savoir si M me Sarkozy a été élue et a la légitimité du suffrage universel. La réponse est non. Elle est la femme du président, point barre. Elle n'a pas à être associée à des opérations de cette envergure", avait renchéri l'écologiste Noël Mamère.

La polémique ne s'est pas vraiment apaisée depuis lors. Voilà quelques jours, les députés ont voté la création de la commission d'enquête sur la libération des soignants bulgares détenus en Libye, voulue par la gauche, qui a réclamé à nouveau avec force l'audition de Cécilia Sarkozy.

Fin de non-recevoir du côté de l'Élysée, qui a exclu l'audition de l'épouse du chef de l'État au nom de la "séparation des pouvoirs".

Signe, déjà, qu'il y avait de l'eau dans le gaz dans le couple, elle n'était pas du récent voyage de Nicolas Sarkozy en Bulgarie, où elle était pourtant attendue en héroïne pour son rôle dans la libération en juillet des soignants bulgares emprisonnés en Libye. Le président français avait mis l'absence de son épouse sur le compte des critiques sur sa mission libyenne qui, selon lui, l'avaient "blessée".

Nicolas Sarkozy avait néanmoins rendu hommage à son épouse. "Son intervention a été en tous points remarquable, et d'une certaine façon décisive même", avait-il assuré dans son intervention prononcée en Bulgarie. C'était peut-être la seule façon qu'il avait encore de communiquer avec une épouse de plus en plus fuyante...



© La Dernière Heure 2007