"Je souligne qu’une percée a été réalisée, mais seulement un premier pas sur un chemin long et difficile", déclarait hier Vladimir Poutine, qui ne se félicite pas moins de voir le dossier nucléaire iranien sortir de l’impasse.

Le groupe des 5+1 - les membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne - est en effet parvenu à couler dans un texte une première régularisation du programme nucléaire de l’Iran. Au prix de longues et difficiles négociations.

Si l’ensemble des négociateurs y voit une avancée positive, aucun n’ose toutefois crier victoire. "C’est le début d’un accord historique", remarquait le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Quel accord ? En substance, l’Iran s’engage à ne pas enrichir d’uranium au-delà d’une certaine limite (5 %) ainsi qu’à mettre un frein à certaines installations. En outre, l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique) aura davantage accès aux sites iraniens, de manière à contrôler le respect de l’accord.

En contrepartie , aucune nouvelle sanction ne pourra être imposée à l’Iran par l’Europe ou l’Onu, et certaines limitations seront levées. En particulier à l’égard du pétrole iranien. Le "plan d’action conjoint", comme il a été nommé, court sur une période de six mois, à l’issue de laquelle un plan plus définitif doit être adopté.

Forcément, les congratulations d’usage se heurtent au scepticisme ambiant. Dans l’immédiat, la population iranienne semble se réjouir d’une éclaircie dans le ciel très sombre de l’économie du pays.

Du côté des monarchies du Golfe, peu de réactions officielles ont déjà filtré. Néanmoins, l’accord en question ne couvre que les questions relatives au nucléaire. Et encore ne sont-elles pas totalement claires…

Ainsi le texte ne précise rien sur un éventuel droit de l’Iran à enrichir de l’uranium. L’Iran y a vu la confirmation que son programme d’enrichissement était "reconnu", tandis que la Maison-Blanche affirmait que l’accord "ne reconnaît pas le droit à l’enrichissement" de combustible par Téhéran.

Ces imprécisions couplées aux longues années de tensions amènent sans doute l’ensemble des négociateurs à rester prudents. D’une part, dans l’attente de voir l’accord se concrétiser; d’autre part, car les fondations de cette nouvelle relation restent fragiles. Dans les mois à venir, ce "premier pas" devra être suivi d’un second "par consentement mutuel".