"Un tueur impitoyable est en liberté, mais nous allons l'arrêter et le mettre en prison", ont déclaré les maires démocrates des deux métropoles dans un communiqué commun.

"C'est urgent: il ne doit pas blesser ni tuer qui que ce soit d'autre", ont poursuivi les édiles de New York, Eric Adams, et Washington, Muriel Bowser, en appelant les sans domicile fixe à dormir dans des refuges en attendant qu'il soit mis hors d'état de nuire.

Des images de vidéosurveillance montrant un homme barbu, vêtu de noir et le crâne rasé ont été diffusées par les forces de l'ordre, qui offrent des récompenses de plusieurs milliers de dollars pour toute information permettant de l'identifier.

Il est, selon elles, responsable de cinq attaques perpétrées avec le "même mode opératoire" contre des hommes qui dormaient dans la rue.

"Notre population de sans-abri est parmi les plus vulnérables, les prendre pour cible alors qu'ils dorment est particulièrement atroce", a commenté la cheffe de la police de New York, Keechant Sewell. Ce sont des actes "lâches", a ajouté son homologue à Washington, Robert Contee.

© AFP

Sac de couchage

Les deux premières attaques ont eu lieu les 3 et 8 mars dans le nord-est de la capitale américaine. Les victimes, blessées par balle, ont survécu.

Mercredi 9, toujours à Washington, les secours sont intervenus parce que la tente d'un SDF était en feu. A l'intérieur, ils ont trouvé le corps d'un homme décédé. L'autopsie a montré qu'il avait succombé à plusieurs coups de feu et de poignard.

Selon les enquêteurs, le tueur s'est ensuite rendu à New York, à environ 400 km au nord.

Samedi, au petit matin, un homme de 38 ans a été retrouvé blessé par balle mais vivant, dans le sud de Manhattan.

En fin d'après-midi, les policiers ont retrouvé un autre homme dans le même quartier, cette fois sans vie, avec des blessures à la tête et au cou.

D'après des images de vidéosurveillance, le suspect lui a tiré dessus vers 6H00 du matin, peu de temps après l'attaque précédente.

Ces images montrent un homme habillé en noir, la tête recouverte d'une capuche et les mains de gants bleus. Il tourne autour d'un homme emmitouflé dans un sac de couchage jaune, lui donne de petits coups de pied pour vérifier qu'il dort, jette un oeil aux alentours, avant de tirer.

 "En danger"

Des milliers de personnes dorment dans les rues de New York chaque nuit et le maire démocrate a annoncé en février un plan pour déloger ceux qui s'installent dans le gigantesque réseau souterrain de métro. Eric Adams réagissait alors à une série d'actes criminels qui avaient fait la Une, dont la mort d'une femme poussée sur les rails du métro par un sans-abri atteint de troubles psychiques.

Hostiles à ce projet, les associations de défense des sans-abri lui ont imputé dimanche une part de responsabilité dans les récents drames.

"En dépit des gros titres, les sans-abri de New York ont bien plus de chance d'être des victimes de crimes que leurs auteurs", a réagi la Coalition pour les sans-abri, en appelant le maire "à reconnaître que ses politiques les mettent en danger".

Plus de 150 SDF sont morts en 2021 dans les rues et les parcs de New York, a renchéri le Urban Justice Center, en exhortant le maire à offrir des solutions d'hébergement.

A Washington, le nombre de sans-abri a également augmenté depuis le début de la pandémie et les associations accusent les autorités d'avoir démantelé plusieurs campements, installés parfois à quelques encablures de la Maison Blanche.

Croisé par l'AFP dans un refuge près du Congrès, Troi, un Afro-Américain de 53 ans qui a vécu cinq ans à la rue, se disait affecté par cette vague de crimes mais pas surpris: "Ça fait mal quand c'est proche de vous", mais "tellement de choses négatives arrivent aux sans-abri..."