"Après avoir passé en revue le comportement de cette directrice, nous avons confirmé qu'il y a eu de multiples infractions à notre code de conduite, ainsi que de nos règlements sur la sécurité, y compris l'exfiltration de documents confidentiels sensibles et de données privées sur d'autres employés", a déclaré un porte-parole du groupe californien à l'AFP.

En janvier, Margaret Mitchell s'était vue refuser l'accès à son compte professionnel, quelques semaines après le renvoi d'une membre de son équipe, Timnit Gebru.

"Ce sont des attaques contre les personnes qui essaient de rendre la technologie de Google plus éthique", avait réagi un porte-parole du Alphabet Workers Union, le syndicat récemment formé par des employés du groupe.

Google reproche à la chercheuse en éthique et intelligence artificielle d'avoir téléchargé un grand nombre de documents liés à son ancienne collègue et de les avoir ensuite partagés avec des personnes extérieures.

Mais la société fait face à des critiques car Margaret Mitchell accuse l'entreprise de l'avoir forcée à se rétracter sur des résultats de recherche.

Sous son tweet de vendredi - "j'ai été virée" - les messages de soutien abondaient.


"J'imagine que ça veut dire que l'IA éthique n'a pas sa place dans une société capitaliste", a commenté Chelsea Manning, l'ancienne analyste militaire qui a été condamnée pour trahison après avoir transmis des documents classés secret défense à WikiLeaks.


Le 19 janvier, deux jours avant sa suspension, l'informaticienne avait critiqué publiquement le directeur exécutif du groupe, Sundar Pichai, sur le thème du racisme.

"Disons que vous avez un problème parce que vous n'arrêtez pas de vous aliéner les femmes noires et que vous leur causez des torts importants", avait-elle tweeté au-dessus d'un lien vers un article de CNN intitulé "Le patron de Google rencontre des dirigeants d'universités noires après des accusations de racisme".

"Vous pouvez: A) essayer de réparer vos torts B) essayer de trouver plus de personnes noires pour vous apprécier (l'approche symbolique et superficielle). Bonne chance...".

En décembre, plus de 1.400 employés de Google et près de 2.000 autres personnes ont signé une lettre appelant l'entreprise à expliquer pourquoi Timnit Gebru avait été renvoyée et pour quelles raisons elle avait dû se rétracter.

Ils demandaient aussi à Alphabet de s'engager "sans équivoque" en faveur de l'intégrité de la recherche et de la liberté académique.