Les menaces d'Ali Riza Polat, soupçonné d'avoir servi de "bras droit" au tueur de l'Hyper Cacher Amédy Coulibaly, sont intervenues au moment où le témoin, une enquêtrice de la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) de la police, abordait la question de sa radicalisation religieuse.

"Tu vas le payer!", a lancé l'accusé de son box vitré. Ali Riza Polat, qui avait auparavant mimé un coup de poing en direction de la policière, avait déjà été rappelé à l'ordre par la cour en raison d'interventions intempestives pendant le témoignage de l'enquêtrice.

La menace proférée par M. Polat a provoqué un tollé chez les avocats des parties civiles qui ont demandé au président que ses propos soient dûment consignés. L'avocat général Jean-Michel Bourlès a lui annoncé l'ouverture d'une procédure à l'encontre de l'accusé.

"C'est scandaleux, il y a des limites à ne pas dépasser", a-t-il tonné. "Vous savez ce que je vais faire? Je vais ouvrir une procédure pour +menaces sur personnes dépositaires de l'autorité publique+. Vous serez renvoyé devant le tribunal correctionnel pour répondre de cela".

L'avocate d'Ali Riza Polat, Me Isabelle Coutant-Peyre - à la peine elle aussi face aux sautes d'humeur de son client - a essayé de justifier son énervement par les déclarations de l'enquêtrice relatives à sa pratique religieuse et à son comportement face à sa mère.

"Ali Riza Polat partageait les convictions religieuses de son ami Amédy Coulibaly", a assuré l'enquêtrice, avant de relater le contenu d'une conversation entre la mère de l'accusé et l'une de ses amies captée lors d'une écoute téléphonique.

Dans cette conversation, Mme Polat racontait avoir été insultée par son fils qui l'avait qualifiée de "mécréante" et de "perverse". Elle avait par ailleurs indiqué qu'il les tançait lorsqu'elles écoutaient de la musique et qu'il n'acceptait pas que les gens fument.

Des propos contestés par l'accusé, né en Turquie et qui a grandi dans une cité de Grigny (Essonne) aux côtés d'Amédy Coulibaly: "elle peut mentir sur moi mais pas sur ma famille (...) Mon beau-frère il va venir. Je vais tous les balancer", a-t-il lancé.

Ali Riza Polat, poursuivi pour "complicité de crimes terroristes", encourt la réclusion criminelle à perpétuité.