La police de Saxe, qui avait reçu des renforts de plusieurs autres régions, a procédé à 31 arrestations, a-t-elle indiqué dimanche dans un communiqué, sur les plus de 20.000 manifestants, pour la plupart sans masque, réunis samedi dans le centre de Leipzig pour montrer leur courroux face aux restrictions liées à l'épidémie de Covid-19.

Après leur avoir plusieurs fois enjoint de mettre un masque et de respecter une distance de 1,50 m entre deux personnes, la police a fini par ordonner la dissolution du rassemblement. Mais dans une ambiance tendue, beaucoup ont refusé de se plier à l'injonction et ont entamé un défilé sur une des principales avenues de Leipzig. Les forces de l'ordre et des journalistes ont été attaqués et divers projectiles ainsi que des feux d'artifice ont été lancés contre des policiers, selon la police locale. Les violences se sont poursuivies toute la soirée.

Quelque 102 délits ont également été répertoriés par les forces de l'ordre, dont 13 blessures corporelles. La police évoquait également 32 attaques contre des journalistes.

"Rien ne peut justifier ce que nous avons vu hier (samedi) à Leipzig", a affirmé la ministre de la Justice, Christine Lambrecht, sur Twitter. "L'affront à la science, l'incitation à la haine de l'extrême droite que nous avons vus sont épouvantables", a-t-elle ajouté en condamnant "fermement les attaques contre la police et la presse".

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a jugé sur Twitter que ceux qui "comme à Leipzig mettent en danger les autres, des policiers, des journalistes, répandent l'incitation à la haine d'extrême droite ou mettent le feu à des barricades de contre-manifestants" outrepassent le droit fondamental de manifester inscrit dans la Constitution.

Le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert n'a pas souhaité commenter les incidents violents de Leipzig mais a rappelé que si le droit de manifester était un droit fondamental, les manifestants devaient respecter les consignes sanitaires édictées par les autorités pour autoriser la tenue de ce rassemblement.

Le responsable des Verts Robert Habeck a dénoncé un manque apparent de préparation de la police et réclamé "des éclaircissements critiques et urgents" des événements intervenus la veille.