Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi le cheikh Bassam Ayachi, figure de l’extrémisme islamiste pendant deux décennies à Molenbeek, à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis assorti d’un contrôle probatoire, pour « association de malfaiteurs terroriste ». A 75 ans, le prédicateur franco-syrien est condamné pour la première fois de sa vie, mais à une peine symbolique et légère sans commune mesure avec les lourdes condamnations qui pèsent généralement sur ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie.

Le tribunal, exclusivement féminin, a tenu compte dans l’établissement de la peine du fait qu’il a été informateur des services français et belge à partir de 2015, de son âge et de son état de santé. Pour les trois juges, il est « indéniable » qu’il a informé les services de renseignement, comme le Parquet national antiterroriste (PNAT) français l’avait lui-même évoqué au cours des audiences en avril.

Les juges français considèrent que les deux groupes qu’il a rejoints en Syrie – Ahrar al-Cham et Souqour al-Cham – sont « terroristes » selon le code pénal français malgré le fait qu'ils ne se trouvent pas sur les listes antiterroristes de l'Onu, de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Bassam Ayachi, qui n’était pas présent à l’audience, reste libre sous conditions car il a déjà presté 13 mois de détention préventive entre 2018 et 2019.

Christophe Lamfalussy (à Paris)