Depuis la découverte du corps sans vie de Gabby Petito, la police de Moab est sous le feux des projecteurs. Pour rappel, la jeune Américaine, très présente sur les réseaux sociaux, avait mystérieusement disparu lors de son périple dans l’Ouest des Etats-Unis avec son fiancé. Une disparition ayant ému tout le pays. Le FBI avait annoncé ce mardi que sa mort était le résultat d'un homicide . Depuis, la police locale est vivement critiquée pour ne pas avoir agi, alors qu'elle avait arrêté le couple il y a quelques semaines en raison d'une dispute.

Les forces de l'ordre avaient été alertées par un passant. Sur les images filmées par la bodycam de l'une des policières s'étant rendues sur place, on peut découvrir Gabby Petito très bouleversée, en train de pleurer dans une voiture. Un agent lui demande alors de sortir du véhicule pour mieux comprendre la situation. " Nous nous sommes disputés ce matin à propos de questions personnelles. Je souffre parfois d’un trouble compulsif. Je me suis excusée parce que c’est là que je peux devenir vraiment méchante ", a alors expliqué la jeune fille.

La dispute dont elle fait mention aurait éclaté plus tôt dans la journée lorsque Brian Laundrie , le fiancé de la victime, serait monté dans le van avec les pieds sales. Sur les images, on peut d'ailleurs apercevoir que le jeunes homme a quelques égratignures au visage. " Elle a essayé de me prendre les clés. J’ai ensuite essayé de la calmer, mais elle s’est mise à hurler avec son smartphone ", a-t-il expliqué aux agents. Finalement, le couple a insisté sur le fait qu’ils étaient amoureux et qu’il ne s’agissait que d’une dispute. Puisque la situation semblait avoir retrouvé son calme, les policiers les ont laissés partir, en leur conseillant toute de même de dormir séparément cette nuit-là.


Mais suite à la tournure qu'a pris les événements, Melissa Hulls, l'une des policières impliquée dans l'arrestation du couple, regrette aujourd'hui de ne pas avoir agi autrement. " Ce n’était un bon jour pour personne. Nous pensions avoir pris la bonne décision en les quittant. C’est difficile d’y penser maintenant parce que j’ai l’impression que j’aurais pu en dire plus pour l’aider. C’est difficile de ne pas douter de moi. Si seulement j’avais dit plus, si seulement j’avais trouvé les bons mots pour lui faire croire qu’elle méritait plus ", a-t-elle déclaré à Deseret News. Elle regrette notamment d'avoir peut-être parlé de manière un peu trop franche, puisqu'elle avait qualifié la relation du couple de " toxique ". " Je lui ai conseillé de reconsidérer sa décision, je lui ai demandé si elle était heureuse dans sa relation avec lui. J’ai dit que c’était l’occasion pour elle de prendre un chemin différent, de changer de vie ". Un conseil que Gabby Petito a préféré ne pas suivre. Néanmoins, la policière a répété qu'elle n'avait pas considéré que la jeune femme se trouvait en situation de danger. " Je n’aurais pas qualifié la relation de dangereuse. Si nous avions eu la moindre raison de penser que l’un d’entre eux était en danger, nous les aurions séparés ", a-t-elle poursuivi.

Mais depuis que le corps de la jeune fille a été retrouvé, les images filmées par les forces de l'ordre ont fait le tour du web et ont été visionnées plusieurs millions de fois. Dès lors, les critiques à l'égard de la réaction de la police fusent. " Il est facile de parler avec du recul. Nous devons examiner les faits auxquels nous étions confrontés à ce moment-là et ne pas laisser nos émotions déterminer la décision. Si vous restez coincé dans des ‘et si’, vous ne pouvez pas faire ce travail. Il faut en tirer des leçons et passer à autre chose, sinon vous ne pourrez pas aider une autre Gabby ", a conclu la policière.