C'est une première en France. Une entreprise située à Montpellier (Hérault) a décidé d'accorder à ses salariées la possibilité de prendre un congé menstruel, rapporte le journal La Croix. Les femmes qui travaillent pour cette petite société peuvent ainsi prendre un jour off, une fois par mois, si elles en ressentent le besoin, afin de faire face aux contraintes rencontrées durant leurs règles.

La Collective est une Scop (Société coopérative de production), spécialisée dans le recrutement de nouveaux donateurs au profit d'ONG ou d'associations caritatives ou écologiques. Interrogé par le quotidien français, Dimitri Lamoureux, un des cogérants, explique avoir pris cette décision après avoir été alerté par une de ses associées : "Certaines femmes ne venaient pas au travail et perdaient un jour de salaire à cause de leurs règles, ou se forçaient à venir malgré la douleur."

L’accord qui a créé ce congé a été pris en assemblée générale de la société et s'applique depuis le mois de janvier. Il est expérimental et sera évalué dans un an. Le congé est payé par l’employeur, à hauteur d’un congé payé classique. Neuf femmes, soit environ la moitié de l'effectif féminin, l'ont fait jouer : trois jours ont été posés en janvier, un en février et cinq en mars.

Avant cette décision, 89 % des femmes de l'entreprise, interrogées dans un questionnaire anonyme, se plaignaient d’avoir des règles douloureuses et que ce facteur pouvait gêner leur travail. En particulier pour les salariées qui travaillaient debout dans la rue afin de collecter des fonds pour les organisations.

Concernant le risque d'abus, ce n’est pas un sujet pour le cogérant : "Nous ne demandons pas de justificatif, nous préférons faire confiance", dit-il dans La Croix.