Margarita Simonyan est la directrice de la principale chaîne de la télévision publique russe RT. Une chaîne proche du pouvoir et qui sert donc également de propagande au régime russe. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l'Union européenne a d'ailleurs décidé d'interdire la diffusion de la chaîne à l'étranger.

Outre responsable de RT, Margarita Simonyan est également connue pour être proche de Vladimir Poutine. Elle était d'ailleurs à ses côtés la semaine dernière, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Comme le relaient nos confrères du Laatste Nieuws, la jeune femme a fait quelques révélations au sujet de la guerre en Ukraine. Concernant la stratégie tout d'abord, elle a assuré que Moscou "mise tous ses espoirs sur la famine". C'est en tout cas sorti de la bouche "plusieurs fois de la part de différentes personnes", déclare-t-elle. "Cela signifie que la famine va commencer maintenant et qu'ils [les Occidentaux] lèveront les sanctions et redeviendront amis avec nous parce qu'ils réalisent qu'il n'y a pas d'autre moyen". Pour rappel, l'Ukraine et la Russie représentent 30% des exportations mondiales de blé. En bloquant les stocks ukrainiens, les Russes jouent sur le chantage de la faim.

Comme le relaie HLN, Margarita Simonyan a également révélé ce week-end dans une émission télévisée que la Russie voulait changer son récit de la guerre en Ukraine. Le mot "guerre" en Russie était déjà omis, on parlait alors plutôt d'"opération militaire spéciale". A présent, il est davantage question de "guerre civile", dans laquelle le pays est engagé "pour défendre les Russes". La directrice de RT ajoute: "Il y a un nombre important de nazis et de personnes endoctrinées avec qui vous ne pouvez rien faire de plus que de les exécuter selon les règles de la République populaire de Donetsk". Donetsk où, pour rappel, la peine de mort est en vigueur.

Enfin, Margarita Simonyan a expliqué pourquoi l'armée russe ne frappe pas plus fort dans certaines grandes villes d'Ukraine. "Poutine m'a dit : 'Voulons-nous transformer ces villes en Stalingrad ?' [Stalingrad qui pour rappel est l'une des batailles les plus sanglantes de l'histoire, survenue durant la Seconde Guerre mondiale]. C'est vrai, notre peuple est là aussi. Ce sont nos futures villes. C'est notre pays et notre peuple. Nous devrons tout reconstruire plus tard", indique encore la femme proche du pouvoir.