La rumeur est devenue le sujet d’inquiétude de tous ceux qui ont séjourné en ex-Yougoslavie


KOSOVODepuis qu’a éclaté de l’affaire de l’usage de l’uranium appauvri, les révélations sur les effets présumés mortels de cet armement en Bosnie et au Kosovo se multiplient. A ce jour, près d’une vingtaine de soldats de l’Otan ayant stationné sur place sont morts de cancers suspects, dont huit en Italie.
En Espagne, on parle désormais de 7 soldats et un volontaire d’ONG qui auraient été atteints par un cancer après avoir servi dans les Balkans et que deux d’entre eux sont morts, tandis qu’un ancien combattant portugais, Rui Miguel Alpanhao, a affirmé vendredi soir être atteint de leucémie un an après son retour de mission. Son cas serait le quatrième suspect, dont un mortel, dans le pays.
Depuis deux jours, de nombreux ministères de la Défense ont entamé des procédures de rappel pour examen médical auprès de soldats ayant servi en Bosnie en 94-95 ou au Kosovo depuis mars 1999, date au cours desquelles l’aviation américaine a tiré près de 50.000 obus à uranium appauvri.
Par ailleurs, une équipe de chercheurs des Nations unies, qui a visité onze des 112 sites atteints par des obus de l’Otan au Kosovo, a découvert des débris de munitions à base d’uranium appauvri et des traces de radioactivité dans huit d’entre eux.


Le pentagone nie en bloc


Le chef de l’équipe d’évaluation du Programme de l’Onu pour l’environnement (PNE), Pekka Haavisto, a souligné vendredi qu’il était “surprenant” de découvrir des débris de munitions à l’uranium appauvri un an et demi après le conflit. Les résultats de ces analyses sont attendus début mars.
Ce métal faiblement radioactif et très dense permet de percer les blindages les plus épais. Faiblement radioactif, l’uranium appauvri est aussi un métal lourd. Comme le plomb, il peut se fixer dans les reins et le foie, avec des effets toxiques.
Mais jusqu’ici, comme le répètent à l’envi le Pentagone et plusieurs ministères de la Défense de l’Alliance, aucune étude n’a démontré de liens entre ces armes et l’apparition de cancers, parfois mortels, chez des soldats ayant servi dans la région et les cas vécus en Belgique, qui parlent de cancers de différents types, apportent de l’eau à son moulin.