"Certains pays ont commencé à vacciner un peu avant l'Europe, c'est vrai. Mais ils ont eu recours à des procédures d'autorisation de mise sur le marché d'urgence, en vingt-quatre heures. La Commission et les Etats membres étaient d'accord pour ne pas transiger avec les exigences de sécurité et d'efficacité qui sont liées à l'autorisation d'un vaccin", a déclaré Mme Von der Leyen.

"L'Europe est partie plus tard, mais c'était la bonne décision", a-t-elle ajouté.

Lundi, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune se tenait sur la même ligne.

Selon lui, les Britanniques " prennent dans cette campagne de vaccination (...) beaucoup de risques".

"Je ne pense pas que nos concitoyens accepteraient qu'on prenne tous les risques, contraires aux avis de nos scientifiques, pour cette campagne de vaccination" avait-il ajouté sur la radio France inter.

Mardi, le porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré que le Royaume-Uni n'avait "pris aucun raccourci" pour sa campagne de vaccination.

"Le public rester confiant dans la sécurité et l'efficacité des vaccinations", a-t-il ajouté.

Une réunion au sommet s'est déroulée lundi à Berlin entre les dirigeants allemands et plusieurs groupes pharmaceutiques pour tenter de relancer la campagne de vaccination, qui piétine dans de nombreux pays européens, faute de stocks.

Le laboratoire AstraZeneca, qui subit les foudres des dirigeants européens en raison de retards de livraison, va finalement augmenter de 30% au premier trimestre la mise sur le marché européen de son vaccin autorisé vendredi par l'UE.

"Pour être claire, nous voulons ces vaccins. AstraZeneca nous a prévenus de son retard au dernier moment et sans avancer de raisons convaincantes, il faut maintenant de la transparence", a déploré Ursula von der Leyen.

L'annonce de ces retards a alimenté les conjectures sur des acheminements vers le Royaume-Uni de vaccins produits par ce groupe pharmaceutique dans l'UE, au détriment de ses obligations contractuelles avec Bruxelles.

"Nous voulons savoir ce qu'il a produit dans ses usines européennes, ce qui a été exporté, où cela a été exporté et ce qui a été stocké. Mieux vaut la transparence que des rumeurs", a réclamé Mme von der Leyen.