Monde

Vatileaks s'attaque de nouveau au Vatican

ROME Le porte-parole du Vatican s'en est pris violemment samedi aux articles de presse faisant état d'intrigues dans les hautes sphères du Saint-Siège et de l'existence d'un "lobby gay", les qualifiant de "médisance, désinformation, voire calomnie", dans une interview à Radio Vatican. "Certains cherchent à profiter du mouvement de surprise et de désorientation" après la démission historique annoncée par le pape Benoît XVI, "pour semer la confusion et jeter le discrédit sur l'Église et son gouvernement", a dénoncé le père Federico Lombardi qui y voit "des pressions inacceptables" sur le prochain conclave chargé d'élire le nouveau pape.

Plus tard dans la journée, Benoît XVI a reçu le président de la République italienne Giorgio Napolitano, ultime audience accordée par le pape démissionnaire à un chef d'Etat. Au cours de l'entretien, marqué par "une forte émotion" selon les médias italiens, le pape a déclaré qu'il allait "prier pour l'Italie".

La presse italienne a fait sensation cette semaine en évoquant la présence d'un "lobby gay" au sein du Vatican, qui serait victime de chantage de laïcs auxquels ils seraient liés par des liens de "nature mondaine".

Ces journaux qui effectuent -selon leurs propres termes- des "reconstructions" sur l'enquête archi-confidentielle menée par trois cardinaux sur le scandale Vatileaks, évoquent également les intrigues liées aux finances du Saint-Siège.

"Qui a en tête avant tout argent, sexe et pouvoir, et est habitué à lire avec ces critères les diverses réalités, n'est pas capable de voir autre chose, pas même dans l'Église, car son regard ne sait pas voir vers le haut ou descendre en profondeur dans les motivations spirituelles de l'existence", poursuit le porte-parole. "Il en résulte une description profondément injuste de l'Église et de ses hommes", déplore-t-il.

Après l'éclosion du scandale Vatileaks l'an dernier, le majordome du pape, Paolo Gabriele, reconnu coupable d'avoir transmis à la presse des documents ultra-confidentiels, a été condamné, puis grâcié par Benoît XVI. Mais de nombreuses questions demeurent, notamment sur l'existence d'éventuels commanditaires.

Selon les vaticanistes, la fuite de documents dans le scandale "Vatileaks" a pu être utilisée par l'un ou l'autre pour déconsidérer un rival au sein de la curie, le "gouvernement" du Vatican. Un phénomène qui pourrait se répéter, alors que le conclave approche, dans le but de peser sur le choix du nouveau pape.

Après la démission historique de Joseph Ratzinger, qui prendra effet le 28 février, un conclave des cardinaux doit se réunir à une date encore non fixée, probablement avant le 15 mars, pour élire son successeur.

Le pape Benoît XVI promet aux cardinaux sa "proximité spirituelle"



"Même si se termine aujourd'hui la communion extérieure visible", reste "la proximité spirituelle, une profonde communion dans la prière", a dit le pape qui achevait ses exercices spirituels de Carême par une adresse aux cardinaux. Joseph Ratzinger a également rappelé aux prélats que "le Malin veut toujours salir la création de Dieu" par "le mal de ce monde, la souffrance et la corruption".

Joseph Ratzinger a également remercié les cardinaux "pour ces huit ans durant lesquels vous avez porté avec moi, avec grande compétence, affection, amour et foi, le poids du ministère de Saint-Pierre".

© La Dernière Heure 2013