Depuis le début de l'invasion russe, le peuple ukrainien apparaît uni face à Moscou et déterminé à résister à l'envahisseur. Parmi les figures de proue de cette résistance ukrainienne, le président Volodymyr Zelensky occupe une place centrale, en publiant presque quotidiennement sur les réseaux sociaux des messages de soutien à destination de ses troupes. Depuis quelques jours, son épouse Olena Zelenska apparaît également de plus en plus engagée dans le conflit.

Mais qui est Olena Zelenska, la "cible numéro 2" de Vladimir Poutine?

Star de la télé

Olena Volodymyrivna Zelenska, de son nom de jeune fille Olena Kiyashko, est née le 6 février 1978 à Kryvyï Rih, dans le centre de l'Ukraine. Elle rencontre son futur mari en 1995, au cours de ses études à l'Université de Kryvyï Rih. Olena y étudie l'architecture, et Volodymyr, le droit. Par amour, la future Première dame décide d'abandonner l'architecture - et son fiancé de l'époque - pour rejoindre la société de production de Zelensky, où elle devient scénariste.

© Capture d'écran Instagram

Le couple se marie en 2003 et a deux enfants: une fille, Oleksandra, aujourd'hui âgée de 17 ans, et un garçon, Kryrylo, de huit ans son cadet.

En dehors de son implication dans sa vie familiale, Olena Zelenska excelle dans le domaine de la télévision, tout comme son mari. Elle est notamment la créatrice de deux programmes très appréciés en Ukraine: Liga Smichu (La Ligue du rire), dédié au stand-up, ainsi que sa déclinaison féminine, Femmes de Kvartal, qui met à l'honneur les femmes humoristes.

La vie du couple star de la télé ukrainienne bascule quand Volodymyr Zelensky décide de se lancer en politique. A l'époque, son épouse y est totalement opposée, comme elle le révèle quelques années plus tard au Corriere de la Serra. "Mais tu es devenu fou ?, lui ai-je dit. J'étais totalement contre. Je le lui ai dit très agressivement. J'ai vu toutes les difficultés à venir", se remémore Olena Zelenska.

Malgré les réticences de sa femme, Volodymyr Zelensky est élu à la tête de l'Ukraine en 2019. Olena Zelenska devient sa conseillère en image, et s'engage dans différentes causes humanitaires, telles que la lutte pour l'égalité des genres ou les droits de l'enfant.

Passage à l'offensive

Toujours très discrète, la Première dame agit plutôt dans l'ombre de son mari et se contente de mener ses combats hors de la lumière des projecteurs. Mais l'invasion de sa terre natale par les troupes russes, ordonnée le 24 février par Vladimir Poutine, va rebattre les cartes.

Déterminée à rester à Kiev malgré les dangers encourus, Olena Zelenska livre son propre combat et organise notamment la résistance via ses réseaux sociaux depuis un lieu tenu secret. Suivie par plus de 2 millions de personnes sur Instagram, la Première Dame appelle son peuple à se mobiliser. Au premier jour de l'invasion russe, elle publie un message poignant: "Aujourd'hui, je ne paniquerai pas ni ne verserai de larmes (...). Mes enfants me regardent. Je me tiendrai à leurs côtés. Et aux côtés de mon mari. Et du peuple ukrainien".


Depuis lors, elle multiplie les prises de position. Le 1er mars, elle salue notamment le courage des femmes ukrainiennes, mobilisées sur tous les front. Olena Zelenska rend ainsi hommage à "celles qui combattent dans les rangs armés, qui se sont enrôlées dans la défense, celles qui soignent, sauvent et nourrissent." Quelques jours plus tard, elle dénonce les crimes commis envers les jeunes Ukrainiens, en publiant une série de portraits d'enfants décédés suite aux bombardements des forces russes. "Montrez cela aux mères russes - faites-leur savoir ce que font leurs fils en Ukraine !", martèle-t-elle.


L'épouse de Zelensky fait également jouer son réseau et agit en étroite collaboration avec d'autres Premières dames. "Nous coopérons activement dans le domaine de l'aide humanitaire avec la Première dame de France, Brigitte Macron, et la Première dame de Lituanie, Diane Nausedienė. Je reçois aussi un grand soutien de la Première dame de Turquie, Emine Erdoğan, et d'Agatı Dudi, la Première dame de Pologne", détaille-t-elle ce lundi.

Ce mercredi matin encore, la Première dame ukrainienne publie une lettre ouverte aux médias internationaux, dans laquelle elle dénonce un "massacre de civils ukrainiens" de la part des Russes. "L'agresseur pensait pouvoir mener une guerre-éclair contre l'Ukraine. Mais il a sous-estimé notre pays, notre peuple et leur patriotisme", s'indigne-t-elle, avant de conclure: "Fermez le ciel et nous gérerons nous-mêmes la guerre au sol". Une détermination qui en dit long.