Le président a d'emblée déclaré que la circulation du virus repartait de l'avant en France et partout en Europe. "Nous sommes dans une deuxième vague" , a-t-il dit. "Ce virus frappe toutes les catégories d'âge. Beaucoup s'en sortiront mais certains auront des lésions cérébrales, perdront l'odorat, auront des séquelles... Ce virus est dangereux et grave. Il nous faut donc réagir".

"Nous n'avons pas perdu le contrôle par rapport à ce virus, mais nos services hospitaliers commencent à être surchargés. Nous devons donc prendre des mesures plus strictes pour reprendre le contrôle" , a expliqué Emmanuel Macron.

Le président a alors détaillé ces mesures. "Notre objectif est de réduire les contacts, les moments où on est trop proche les uns des autres. Il serait disproportionné de reconfiner le pays. Donc nous avons décidé d'un couvre-feu, entre 21h et 6h du matin et qui commencera dès ce samedi, pour au moins 4 semaines. Seront concernées la région Ile-de-France et plusieurs métropoles: Grenoble, Lille, Rouen, Lyon, Aix-Marseille, Saint-Étienne, Toulouse, Montpellier et Rouen."

Emmanuel Macron a précisé que dès 21h, "tous les établissements (bars, restaurants, salles de spectacle, cinémas...) devront fermer. Maintenant, si vous quittez le restaurant à 21h et que vous vous faites contrôler à 21h15 parce qu'il ne se trouve pas juste à côté de chez vous, il n'y aura pas de sanction. Il faut rester cohérent."


Quand on lui demande si des aides sont prévues pour les établissements qui seront lésés, Emmanuel Macron a assuré qu'il allait y veiller.

Des contrôles et des exceptions

Le président français a averti que la police serait vigilante quand au respect du couvre-feu. "Il y'aura une amende de 135 euros en cas de non-respect des règles. Quant à la récidive, elle est fixée à 1500 euros".


Cependant, Emmanuel Macron a tenu à bien préciser qu'il y'aurait des exceptions. "On doit continuer de pouvoir aller au travail dans tous les secteurs. Pour celles et ceux qui ont des urgences, par exemple sanitaires, il y aura des autorisations. Il n'y aura pas une interdiction de circuler entre 21 heures et 6 heures du matin, il y aura une stricte limitation aux bonnes raisons". Aller chez des amis ou faire la fête ne sera par contre évidemment pas toléré. "Il n'y aura pas de restrictions des transports" dans les villes où il y aura le couvre-feu, a commenté le président français, qui ajoute que des déplacements entre les régions seront possibles. Les départs en vacances ne seront donc pas empêchés à la Toussaint.

La règle des six et télétravail

Outre ce couvre-feu, le président de la République a appelé au bon sens dans la sphère privée, assurant que plus on voyait des personnes, plus le virus allait circuler. "Au restaurant, on a dit pas plus de 6 à table. Pour nos vies personnelles, on essaie, quand on invite des amis par exemple, de ne pas être plus de six à table. Cette règle des six, qui est une règle de bon sens, il faut essayer de l'appliquer à soi-même." Il a également recommandé de "mettre au maximum le masque, y compris en famille ou entre amis".

Concernant le télétravail, Emmanuel Macron, qui préconise "deux à trois jours de télétravail par semaine", a déclaré: "Le télétravail, c'est un outil quand on l'utilise intelligemment. Si c'est une règle nationale, là maintenant, parfois on ré-isole les gens. Quand on a une résidence secondaire sympathique et qu'on télétravaille, c'est chouette. Quand on a un appartement, que les enfants sont à la maison, c'est plus dur. Il faut du bon sens mais ce n'est pas la panacée."

Une application qui fait flop

Comme la Belgique, la France a mis en place une application censée alerter contre le coronavirus et freiner la propagation de l'épidémie. "StopCovid n'a pas marché. Ca a été beaucoup moins téléchargé que tous nos voisins", a reconnu Emmanuel Macron, qui ajoute qu'une nouvelle application ("Tous anti Covid") va être présentée le 22 octobre. "Ca sera une application d'abord où il y aura des informations, telles que la circulation du virus mais aussi les points pour se faire tester", a-t-il dit.

"Nous en avons jusqu'à l'été 2021"

Après avoir expliqué qu'une nouvelle stratégie allait être adoptée pour "réduire drastiquement les délais des tests du coronavirus", Emmanuel Macron a conclu que les Français allaient tous ensemble y arriver. "Nous en avons jusqu'à l'été 2021 au moins avec ce virus. Mais nous le vaincrons."

L'état d'urgence sanitaire rétabli à partir du 17 octobre

Le gouvernement français a rétabli mercredi par décret l'état d'urgence sanitaire, qui avait pris fin le 10 juillet, à partir du 17 octobre à 00H00 sur l'ensemble du territoire national, en raison de l'aggravation de l'épidémie de Covid-19.

"Eu égard à sa propagation sur le territoire national, l'épidémie de Covid-19 constitue une catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population. Elle justifie que l'état d'urgence sanitaire soit déclaré afin que les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu puissent être prises", indique le compte-rendu du Conseil des ministres.