Fraîchement déclaré candidat officiel à l'élection présidentielle 2022 et alors qu’il est donné largement en tête des intentions de vote du premier tour, Emmanuel Macron a annoncé ce lundi qu'il ne participera pas à un débat avec les autres onze candidats à sa succession. La tenue d'un tel débat est en effet évoqué, alors que plusieurs de ses adversaires ont la volonté de le confronter au bilan de son mandat. “Je ferai plusieurs formats qui prennent tous les candidats. Mais après, je ne ferai pas de débat avec les autres candidats avant le premier tour”, a-t-il confirmé.

Au-delà de son manque de temps dû à la guerre en Ukraine, le président français s'appuie également sur ses prédécesseurs pour justifier cette décision. “Aucun président en fonction qui se représentait ne l’a fait, je ne vois pas pourquoi je ferais différemment du général De Gaulle, de François Mitterrand, de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy”.

Emmanuel Macron a également annoncé lors de ce déplacement vouloir favoriser le débat avec les Français plutôt que d'enchaîner les meetings. C'est d'ailleurs lors d'une "conversation" avec 200 habitants à Poissy, dans les Yvelines, qu'il a présenté ses premières propositions pour son second mandat.

"Une foire d'empoigne"

Interrogé sur cette décision dans plusieurs médias ce mardi matin, le clan Macron défend cette position. “Onze candidats contre vous avec un temps de parole identique qui vont vous critiquer, alors que vous n’avez que dix minutes pour répondre, ce n’est pas équilibré. Le débat peut aussi se faire avec des Français, les journalistes. C’est ce qu’il a fait à Poissy, ce que ses prédécesseurs ont fait”, a expliqué Christophe Castaner, président du groupe LREM, sur France 2. Même discours du côté du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France Inter pour qui un débat avec tous les candidats à la présidentielle serait "une foire d'empoigne".

Du côté de ses opposants, la réaction d'Eric Zemmour ne s'est pas faite attendre. “C’est une façon de se défiler. Mais le débat fondamental sera celui du second tour entre Macron et moi. Il opposera deux visions de la société”, a estimé le candidat d'extrême droite sur BFMTV.