Ce soir, Eric Zemmour était face à Valérie Pécresse sur le plateau de TF1. Ce premier face-à-face télévisé pourrait être décisif pour les deux prétendants à un mois du premier tour afin de relancer une campagne paralysée par la guerre en Ukraine. Et ils ont en commun d'avoir baissé ces derniers jours dans les sondages: Valérie Pécresse est donnée entre 11 et 13%, Eric Zemmour entre 11% et 14%, soit bien derrière Marine Le Pen (17-18%) et très loin derrière Emmanuel Macron (environ 30%).

Les premiers échanges ont été très animés. "Quand on est sous l’influence de Poutine, on ne peut pas être patriote, et c’est pour ça Monsieur Zemmour que vous êtes décrédibilisé pour présider la France", a répondu la candidate de la droite à la question "pourquoi Eric Zemmour serait-il un mauvais président?".


S'en est suivi un échange tendu dans lequel le candidat d'extrême droite a répondu à Valérie Pécresse. Il a ensuite, à son tour, expliqué pourquoi il ne voyait pas la candidate en tant que présidente. "Un président de la république doit savoir quoi faire. Et Madame Pécresse, vous ne savez pas quoi faire", a dit Eric Zemmour. "Un jour Madame Pécresse dit qu’elle veut lutter contre le grand remplacement, le lendemain, elle revient dessus. Un jour Madame Pécresse manifeste contre le mariage pour tous, un autre elle est pour".

Le candidat de l'extrême droite a également accusé Valérie Pécresse d'avoir qualifié Vladimir Poutine de "démocrate autoritaire". Une information contestée par l'intéressée, qui a été démentie par les équipes de LCI. La candidate a qualifié le président russe de "dirigeant autoritaire", contrairement à l'ancien polémiste qui l'a qualifié de "démocrate autoritaire" le 28 février dernier, sur RTL.

Accusations mutuelles

"Vous évoluez au fil de l'évolution de la société. Vous trahissez vos convictions", a-t-il continué, accusant la candidate LR d'appeler à voter Emmanuel Macron à "20h02" le jour du premier tour.

"Quel est le Éric Zemmour que j’ai en face de moi ? Celui qui votait Mitterrand en 1988 ? Celui qui conseillait Marine Le Pen ? Celui qui refuse de dire pour qui il a voté en 2017 ? Monsieur Zemmour n’assume pas ses convictions !", a rétorqué Valérie Pécresse, l'accusant à son tour d'avoir changé de convictions sur plusieurs sujets.

Les journalistes ont dû intervenir à plusieurs reprises afin de recentrer le débat. Tant Gilles Bouleau que Ruth Elkrief ont eu bien du mal à s'imposer et à faire répondre les candidats aux questions d'actualités, ceux-ci étant plus concentrés sur des attaques personnelles.

Otan, prix de l'énergie et immigration

Les deux candidats ont ensuite été interrogés sur le maintien de l'Otan, les prix de l'énergie, et d'autres sujets d'actualité. L'accueil des réfugiés ukrainiens a également été abordé. "Je suis fidèle à la tradition humaniste de la France", a déclaré Valérie Pécresse. "Quand un peuple subit la guerre, il doit y avoir une autorisation temporaire de séjour dans notre pays."

Pour le candidat de Reconquête!, les réfugiés ukrainiens souhaitent se rendre en Pologne. "Les réfugiés ukrainiens qui souhaitent venir en France - très peu - on leur donne des visas au cas par cas", assure-t-il, avant de s'adresser à la candidate de LR. "Quand il y aura la guerre au Mali, vous accueillerez un million de Maliens ?"

"Vous dites immigration zéro ?", a alors rétorqué Valérie Pécresse à Eric Zemmour. "Cela veut dire plus de chercheurs étrangers dans nos laboratoires, plus de médecins étrangers dans nos territoires ruraux, plus d'étudiants étrangers dans nos écoles. Personne n'a jamais fait l'immigration zéro", assure-t-elle. "Vous serez un président impuissant. Les vraies solutions, qui nécessitent du courage, ce sont les quotas migratoires, avec un principe simple : zéro clandestin."

Eric Zemmour a assuré prendre des mesures de coercition contre les Etats qui ne reprennent pas les clandestins, qu'il considère opposés à la France. "Donc je supprime les visas, je saisis les biens des dirigeants étrangers en France, je bloque les transferts de fonds des immigrés vers les pays, car c'est un moyen énorme de financement de ces pays", assure le candidat d'extrême droite. "Je bloque le grand remplacement."

Interrogée sur cette théorie popularisée par l'écrivain Renaud Camus, Valérie Pécresse a dénoncé une "théorie complotiste qui attise les haines". Elle assure préviligier "l'immigration choisie".