Pour le "calvaire" infligé à Yanis, mort à cinq ans par une "triste nuit d’hiver" en 2017 lors d’une punition, son beau-père a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Pas-de-Calais, la mère écopant de quatre ans de prison dont deux avec sursis.

Julien Masson, 34 ans, est resté impassible à l’énoncé du verdict le reconnaissant coupable du meurtre de l’enfant ainsi que de violences régulières à son encontre.

"Je veux m’excuser, […] Pardon pour tous ceux qui ont connu Yanis", a lancé Julien Masson, en larmes, avant que la cour se retire. "C’est pas pour la peine" mais j’aimerais "qu’on accepte que j’ai pas voulu le tuer".

Jugeant "l’intention d’homicide […] caractérisée", l’avocat général, Patrick Leleu avait requis 28 ans de réclusion contre lui et cinq ans de prison dont 30 mois avec sursis contre la mère.

Julien Masson ne "pouvait pas ignorer que les violences" infligées à l’enfant "auraient des conséquences mortelles", avait souligné le magistrat.

Il avait rappelé les "coups", la marche nocturne, "cette hypothermie grave" infligée à Yanis, immergé habillé dans le canal proche du cabanon d’Aire-sur-la-Lys où le couple passait le week-end.

Il avait aussi stigmatisé "l’insuffisance, l’absence" d’explications de l’accusé, qui durant cinq jours d’audience n’aura montré à la cour qu’un "rideau de fumée".

Julien Masson avait fini par admettre, jeudi sa "responsabilité" dans une mort restant toutefois pour lui "accidentelle". Yanis aurait fait "plusieurs chutes" et il l’aurait frappé d’un "coup de lampe" de poche.

Selon l’enquête, il a quitté vers 0h30 le cabanon pour emmener l’enfant courir au bord du canal par une température de cinq degrés, pour le punir d’avoir fait "pipi au lit".

À l’arrivée des secours, Yanis gisait sur une veste, en hypothermie et trempé, le corps couvert d’une trentaine de contusions, pour certaines anciennes. Selon l’autopsie, il a succombé à un traumatisme crânien consécutif à un impact violent.

Revenant sur la version de la punition, Julien Masson a assuré être seulement sorti "chercher du tabac" avec l’enfant, évoquant un "caprice futile" de sa part.

"Ce qu’il nous dit ne correspond pas, […] n’explique pas la moitié des plaies", a réagi Me Anne Simar, avocate de l’une des sept parties civiles. Toutes ont soulevé les "incohérences" de l’accusé.

"Ce pipi au lit n’était qu’un prétexte", dans un contexte de tension au sein du couple, où l’enfant "pouvait être encombrant", a estimé l’avocat de l’association Enfance et partage.