Selon un correspondant de l'AFP, au moins deux explosions se sont produites lorsque l'avion a atterri et que les responsables ont commencé à sortir de l'appareil.

Des sources médicales ont fait état à l'AFP d'au moins 26 morts et de plus de 50 blessés dans un nouveau bilan.

Des bruits d'explosions et des coups de feu ont retenti avant qu'une épaisse fumée noire ne jaillisse d'un bâtiment de l'aéroport tandis que des débris étaient projetés alentour, suscitant la panique parmi les personnes présentes, selon des images diffusées par la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath.

"Nous allons bien", a tweeté le nouveau ministre des Affaires étrangères Ahmed ben Moubarak.

Appel à une enquête 

Le porte-parole du gouvernement, Rajeh Badi, a appelé à une "enquête internationale sur cet acte criminel".

Des civils, des vigiles et des responsables locaux figurent parmi les victimes mais tous les membres du gouvernement "vont bien", a-t-il indiqué à l'AFP.

L'avion arrivait en provenance de Ryad où le gouvernement yéménite s'était exilé après que les rebelles Houthis ont déferlé sur la capitale Sanaa en septembre 2014 et se sont emparés de vastes régions du pays, déclenchant une guerre meurtrière. Aden était ensuite devenue la capitale temporaire du pays.

L'Arabie saoudite a pris la tête en mars 2015 d'une coalition pour aider le gouvernement à combattre les rebelles, soutenus par l'Iran, son rival régional.

Mais le front anti-Houthis rassemblant les forces progouvernementales et les séparatistes du Sud --indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990--, s'est fissuré ces dernières années.

Pour resserrer les rangs, Ryad a négocié un accord de partage du pouvoir dans le Sud et tentait depuis plus d'un an de former un nouveau gouvernement d'union afin de maintenir l'unité de la coalition face aux Houthis, sur le point de prendre le contrôle de Marib, dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

Un gouvernement d'union a été formé le 18 décembre, sous l'égide de l'Arabie saoudite.

Le ministre de l'Information Mouammar al-Iryani a accusé sur Twitter les rebelles Houthis d'avoir mené cette "attaque terroriste".

Le Premier ministre Maïn Saïd a également évoqué un "acte terroriste lâche", sans accuser nommément les Houthis. "Cela ne fera qu'augmenter notre détermination à remplir notre devoir", a-t-il tweeté.

"Inacceptable" 

Les rebelles Houthis, mais aussi les groupes jihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, ont par le passé mené des attaques visant le gouvernement yéménite et ses partisans.

L'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths, a condamné un "acte de violence inacceptable" qui a "tué et blessé plusieurs civils innocents".

Cela est "un rappel tragique de l'importance de remettre d'urgence le Yémen sur la voie de la paix", a-t-il souligné sur Twitter.

Pour Michael Aron, l'ambassadeur britannique au Yémen, il s'agit d'"une tentative méprisable de provoquer un carnage, le chaos et la souffrance alors que les Yéménites avaient choisi d'aller de l'avant ensemble".

La guerre au Yémen a plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec une population au bord de la famine et menacée par les épidémies.

La formation du nouveau gouvernement et son arrivée à Aden (sud) interviennent à trois semaines de l'investiture du président américain élu Joe Biden.

Le futur hôte de la Maison Blanche n'a pas manqué de critiquer l'Arabie saoudite, sur fond de controverses récurrentes sur les violations des droits humains dans le royaume saoudien et sur le désastre humanitaire au Yémen.