Le patron du renseignement extérieur américain, William Burns, a estimé jeudi qu'il ne fallait pas "prendre à la légère la menace que représente le recours potentiel à des armes nucléaires tactiques" ou "de faible puissance" par le président Poutine s'il devait "sombrer dans le désespoir" face aux échecs de son armée.

Prié de dire, par la chaîne américaine CNN, s'il partageait cette préoccupation, le président Zelensky a répondu: "Pas seulement moi, je pense que le monde entier, tous les pays doivent être inquiets".

Il a expliqué que cette inquiétude portait sur "les armes nucléaires" ou "des armes chimiques". "Ils peuvent le faire", "pour eux, la vie des gens ne vaut rien", a-t-il insisté dans cet entretien qui sera diffusé dimanche dans son intégralité mais dont CNN a mis en ligne un extrait.

"Ne soyons pas inquiets, soyons préparés", a-t-il ensuite ajouté. "Mais ce n'est pas une question pour l'Ukraine", elle concerne "le monde entier", a-t-il martelé.

Le Kremlin a évoqué rapidement après l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février, la mise en alerte de ses forces nucléaires.

"Nous n'avons pas vraiment constaté de signes concrets comme des déploiements ou des mesures militaires qui pourraient aggraver nos inquiétudes", a toutefois nuancé jeudi le chef de la CIA.

La Russie dispose de nombreuses armes nucléaires tactiques, d'une puissance inférieure à la bombe d'Hiroshima, conformément à sa doctrine "escalade-désescalade" qui consisterait à faire usage en premier d'une arme nucléaire de faible puissance pour reprendre l'avantage en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux.