"S'agissant d'Emmanuel, je lui ai parlé", a déclaré le président Zelensky dans un entretien avec la chaîne américaine CNN réalisé vendredi et diffusé dimanche. "Je pense qu'il veut faire en sorte que la Russie s'engage dans un dialogue", a-t-il ajouté, pour expliquer le refus du dirigeant français de dénoncer un "génocide" en Ukraine, à l'inverse du président des Etats-Unis Joe Biden.

Le président ukrainien avait dans un premier temps jugé mercredi ce refus "très blessant".

"Je lui ai dit que je voulais qu'il comprenne qu'il ne s'agit pas d'une guerre, que ce n'est rien d'autre qu'un génocide. Je l'ai invité à venir quand il en aura l'occasion", a précisé Volodymyr Zelensky sur CNN. "Il viendra, et il verra, et je suis sûr qu'il comprendra."

Emmanuel Macron, en pleine campagne pour sa réélection lors du scrutin présidentiel de dimanche prochain en France, avait expliqué jeudi que le mot "génocide" devait à son avis être "qualifié par des juristes, pas par des politiques" et que "rentrer dans l'escalade verbale" n'était "pas aider l'Ukraine".

Dans son entretien diffusé dimanche, le président ukrainien dit aussi souhaiter la venue en Ukraine de Joe Biden, qui a lui créé la surprise en affirmant cette semaine que les forces russes commettaient un "génocide".

"Je pense qu'il viendra", "mais la décision lui revient, bien entendu, cela dépend de la situation sécuritaire", a-t-il précisé. "Mais je pense qu'il est le dirigeant des Etats-Unis et pour cela, il devrait venir voir."

"Nous serions heureux de le voir dans notre pays, et ce serait un message de soutien important pour nous", a renchéri le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba dans un entretien avec une autre chaîne américaine, CBS, également diffusé dimanche.

Selon lui, "une rencontre personnelle entre les deux présidents", Biden et Zelensky, "pourrait aussi ouvrir la voie à de nouveaux transferts d'armes américaines à l'Ukraine et à des discussions sur un possible règlement politique de ce conflit".

Le gouvernement américain réfléchit à envoyer un émissaire à Kiev, mais la Maison Blanche a exclu pour l'instant un déplacement à hauts risques du président lui-même.