L’iCar, en approche !

La rumeur est fondée : Apple travaille bien sur une voiture électrique. De là à la vendre, il y a une marge…

Alexis Carantonis
L’iCar, en approche !

La rumeur est fondée : Apple travaille bien sur une voiture électrique. De là à la vendre, il y a une marge…

Apple et la rumeur, c’est une histoire sans fin. Fertile, rentable. Au rayon des spectres que charrie l’entreprise de Cupertino, celui qui alimente le plus de fantasmes est sans conteste la construction d’une voiture. Parfois moquée, souvent fantasmée, fréquemment oubliée pour mieux resurgir, la probabilité de voir la Pomme s’attaquer à un chantier pareil s’est pourtant sérieusement réchauffée, en marge du salon de l’Automobile de Genève. Voici pourquoi, en cinq points.

1. Le projet Titan. C’est une division récente, secrète, et très mobilisatrice en effectifs (des centaines d’employés y sont affectés) qu’Apple a créée avec le projet Titan. Nébuleux, celui-ci aurait pour but de concevoir une voiture électrique, qui prendrait la forme d’un minivan/monospace familial compact. iMove, iCar, Apple Car, la rumeur se tâte encore.

C’est le vice-président d’Apple, Steve Zadesky - un ancien ingénieur Ford - qui serait à la tête du projet. Également débauchés il y a peu : Johann Jungwirth, ex-chef du département de recherche et développement chez Mercedes-Benz et Marc Newson, designer industriel décisif, impliqué dans le concept car Ford 021C. Les échanges industriels entre Tesla et Apple reviennent également de plus en plus souvent à la surface, Tesla qu’Apple fut soupçonné, un temps, de vouloir acquérir.

Selon Bloomberg, le projet est développé dans un labo secret, alors qu’il est fait état de rencontres, notamment en Autriche, entre cadres de la Pomme et fabricants. Pour finir, Apple vient officiellement de se déclarer, en Suisse, fabricant de "véhicules". Protectionnisme ou ambition concrète ?

2. La non-infirmation de Tim Cook. Dans le Bild, Tim Cook, CEO d’Apple, n’a bien entendu pas confirmé qu’Apple planchait sur une voiture. Mais il ne l’a pas infirmé. Mieux, sa réponse peut être lue comme un signal : alors que de nombreux observateurs ont noté que les marges (10 % tout au plus pour un constructeur auto qui carbure à plein régime, là où Apple tape dans les 25 % facile dans ses secteurs d’activité) et la lourdeur des investissements requis dans l’auto n’étaient pas du genre à exciter Apple, encore moins ses actionnaires, Cook a balayé d’un revers de la main : "Les ventes sont secondaires. La part de marché est secondaire. Les bénéfices sont secondaires. Le principal est de se concentrer sur l’élaboration de superbes produits."

3.  L’électrique, une évidence . Si voiture il y a dans le pipeline produits d’Apple, elle ne peut être qu’électrique. Google est déjà trop avancé sur son projet, de moins en moins fou, de voiture autonome, qu’il espère vendre et mettre sur nos routes en 2020. Les accuintances avec Tesla, la politique d’énergie verte menée par Apple (Tim Cook avait rabroué, il y a un an, un actionnaire qui reprochait au groupe de perdre de l’argent dans l’utilisation d’énergie verte, lui répondant "qu’il était des cas où il fallait se ficher du retour sur investissement, et que l’actionnaire qui ne le comprenait pas devait quitter Apple…")… Tout concorde.

4. Déjà impliqué dans l’automobile. Si elle est restée longtemps l’un des derniers bastions de la surconnectivité qui frappe notre société, l’auto d’aujourd’hui, mais surtout celle de demain, sera connectée. C’est indiscutable : des noms comme Apple, Google, Microsoft, Intel vont être impliqués dans nos voitures à l’avenir. Reste à savoir dans quel rôle. Pour Apple, une matérialisation concrète existe : le service d’infotainment CarPlay, extension de l’iPhone en voiture. Qui plus est, Tim Cook ne vient-il pas de dire que l’imminente Apple Watch a, dans son trousseau d’ambitions, celle de devenir la clé de contact de votre véhicule ?

5. Un immense trésor de guerre. Apple est capitalisée à 750 milliards de dollars. C’est plus que Toyota, Volkswagen, PSA, Fiat-Chrysler, Ford et General Motors… réunis. La Pomme a les reins, et le magot : le cash-flow de l’entreprise est estimé à plus de 160 milliards $. Alors qu’elle continue à gagner de l’argent. Avec cette réserve immédiatement disponible, et sa faculté à s’ouvrir de nouveaux horizons, Apple peut investir n’importe quel marché. Même l’automobile.

De là à dire qu’Apple va bientôt vendre une voiture, il y a une autouroute à multiples péages et nids de poules, qu’on n’oserait pas encore franchir. Mais la rumeur n’est plus farfelue : de près ou de loin, la voiture préoccupe bien la Pomme.


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