Attentats de Bruxelles: pourquoi le réseau GSM a failli

Si aucun des trois réseaux n’a été totalement out, une longue congestion a été observée. Pourquoi ? Explications.

Attentats de Bruxelles: pourquoi le réseau GSM a failli
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Si aucun des trois réseaux n’a été totalement out, une longue congestion a été observée. Pourquoi ? Explications.

"Tout a lâché au moment où l’on en avait le plus besoin." La phrase est revenue, comme une ritournelle, durant la noire journée d’hier. Les trois réseaux mobiles nationaux, hier, ont failli. Avec une intensité diverse, et sans jamais totalement craquer. Mais failli tout de même.

"Échec de l’appel"

Le réseau le plus impacté fut celui de Proximus, plus important opérateur du pays. "Nous avons, effectivement, dû gérer une congestion du réseau due à un très fort pic d’appels, essentiellement localement sur les zones de Zaventem et Maelbeek, précise Haroun Fenaux, porte-parole de l’opérateur historique. Mais le réseau n’a été, à aucun moment, hors de service. Il est vrai, ceci dit, vu les circonstances, qu’il était parfois très difficile de joindre quelqu’un."

Il fallait effectivement s’y prendre à de multiples reprises, sans la moindre garantie de succès, jusqu’au début d’après-midi encore. Nos smartphones renvoyant, inlassablement, "Échec de l’appel"…

"Le caractère inattendu du double événement ne nous laissait évidemment que peu de marge de manœuvre", commente François Bailly, de Base, pas épargné mais moins impacté que Proximus. "Nous avons tout de même fait de notre mieux pour maximiser la bande passante du réseau, mais nous n’avons pas les mêmes possibilités que lorsqu’on prépare un festival, où l’on renforce le réseau avec des techniciens sur place, des antennes mobiles…"

Le scénario (heure de pointe, centaines de milliers de personnes tentant de joindre un proche) n’a évidemment pas aidé. On notera la vitesse à laquelle Proximus, Voo et Telenet ont rendu accessibles toutes leurs centaines de milliers de hotspots Wi-Fi (FON ou Wi-Free).

Le bémol, c’est que, légitimement, les Belges ont fait exactement ce qu’il ne faut pas faire en situation d’urgence : tenter de téléphoner.

La voix, c’est en effet ce qui réquisitionne le plus de bande passante. Le mot d’ordre, alors ? Comme l’a tweeté le ministre des Télécoms Alexander De Croo (Open VLD), et comme l’ont rapidement communiqué dans la journée l’ensemble des opérateurs : privilégier les SMS, le Wi-Fi, voire le mobile data (3G, 4G) qui, par le biais d’apps comme Facebook, Twitter, mais surtout Whatsapp, Messenger ou Viber, permettent d’envoyer des messages et de téléphoner (via la VoiP). Il fut également demandé par le Centre de crise de ne pas "surcharger Internet".

Off the record, toutefois, on nous dit que nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe. "Pour le même prix, le réseau aurait pu être complètement down ", nous indique un technicien Proximus. Il existe toutefois une charte de roaming de bonne entente : si l’un des réseaux se crashe, ses clients seraient automatiquement migrés vers l’un des deux réseaux survivants.

Par ailleurs, "il est clair que les normes d’émission des antennes très limitées à Bruxelles (on a beaucoup parlé de ce sujet lors de l’émergence tardive de la 4G dans la capitale, NdlR) n’ont pas aidé hier ", nous confie une source interne. "Le plafond est plus vite atteint à Bruxelles que dans n’importe quelle autre ville. Et l’effet est amplifié en cas d’urgence…"

Alexis Carantonis

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